Une étude parue lundi dans la prestigieuse revue PNAS montre comment le réchauffement planétaire va probablement affecter l’environnement des caféiers d’Amérique Latine…

Pour effectuer ce travail les chercheurs ne sont pas allés plonger les mains dans des sacs de grains, mais ils ont fait mouliner leurs ordinateurs en modélisant les impacts du réchauffement avec un scénario à plus de deux degrés.

Quels sont leurs résultats ?

Avant de vous répondre, regardez bien d’abord Nicolas ce réconfortant thermos fidèle compagnon de vos réveils, repensez à toutes ces heures passées devant la machine à café de la radio à refaire le monde, souvenez-vous de ces instants de bonheur simple lorsque vous receviez chez vous ce colis de capsules qui vous coûtaient le prix d’un deux pièces.

Et bien tout cela est sans doute bientôt fini car la production de café est en danger !

D’ici 2050 les zones d’Amérique latine dédiées au café pourraient être réduite de presque 90%. En cause : le réchauffement climatique et ses conséquences sur les abeilles qui pollinisent les fleurs des caféiers…

Les chercheurs préconisent donc l’augmentation des pratiques agricoles favorables aux abeilles.

Et comble de malchance l’étude ajoute que ce sont les meilleurs cafés qui vont être touchés : les fameux Arabicas qui représentent 85% du total de la production sur ce continent.

Rester prudent face aux effets d'annonce

En réalité, je voulais vous parler de cette étude pour vous dire qu’en science aussi il faut savoir rester prudent face aux effets d’annonces tonitruants même s’ils sont publiés dans les plus grandes revues.

Pour bien comprendre de quoi il en retourne, j’ai appelé Benoît BERTRAND qui est chercheur au CIRAD de Montpellier et spécialiste de ces questions.

Selon lui, cette étude, qui s’intéresse essentiellement à l’avenir des cafés Arabica, est tout simplement fausse. Et pour une raison simple qui m’a laissée pantois.

C’est que la fleur d’arabica est autogame. Elle pratique l’auto pollinisation. Elle n’a donc pas besoin des abeilles !! La fleur assure la fécondation par son propre pollen ou par le pollen d’une autre fleur du même arbre. Et pour cela, le vent lui suffit amplement. Très étrange donc que cette publication soit basée en grande partie sur la disparition des abeilles.

Cette étude reprise dans le monde entier est très intéressante car elle est symptomatique d’une situation qui pousse parfois des chercheurs à publier des résultats aux titres racoleurs. Le but étant de susciter l’attention des médias pour s’assurer des reprises dans la presse et bénéficier de financements garantissant la poursuite de leurs travaux. Et ça, ça s’appelle juste un coup de pub !

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