Ce matin dans l’édito carré, la multiplication des feux géants partout dans le monde.

Le ciel ocre au-dessus de San Francisco en septembre 2020. La Californie est ravagée par des incendies, comme une partie du Brésil, et l'Australie en 2019.
Le ciel ocre au-dessus de San Francisco en septembre 2020. La Californie est ravagée par des incendies, comme une partie du Brésil, et l'Australie en 2019. © AFP / Burak Arik / Anadolu Agency

La liste ne cesse de s’allonger des pays et des villes qui doivent faire face à des incendies dévastateurs et d’une ampleur inédite. 

La semaine dernière, les images apocalyptiques de San Francisco plongée dans un ciel orangée ont fait le tour de la planète. « Il y a quelques années seulement, rappelait la philosophe Joëlle Zask au quotidien Reporterre, les méga-feux étaient de l’ordre de l’exceptionnel. Aujourd’hui ils sont devenus la règle et ils défient à présent la société urbaine ». 

Les feux géants qui se multiplient et qui ont ravagé l’Afrique, l’Amazonie, l’Indonésie, l’Australie, ou la Californie sont des feux causés par la sécheresse, la déforestation et les pratiques agricoles humaines. Quant aux feux qui ont sévi en Arctique, ils sont une conséquence directe de la fragilité et de l’aridité croissante des sols, causés par le changement climatique. Ils sont dus à la hausse des températures qui assèchent les forêts et qui, par conséquent, provoquent plus fréquemment des incendies spontanés.

C’est dans ce contexte que certains n’hésitent plus à parler du Pyrocène, l’ère du feu  pour qualifier notre époque. 

Faut-il craindre l’augmentation de ces méga-feux ? 

Le 27 août dernier, une étude conjointe du WWF et du Boston Consulting Group (BCG) montrait qu’au premier trimestre 2020 le nombre d’incendies de forêts sur la planète a augmenté de 13% par rapport à la même période en 2019 qui avait déjà battu des records. Ce rapport soulignait que les activités humaines étaient responsables de 75% de ces incendies. 

La chaleur persistante et le temps sec, dus à la fois au changement climatique et à la conversion des espaces naturels en terres agricoles, associés à une gestion défaillante des forêts, sont les causes principales de cette augmentation. 

À l’échelle mondiale, la durée de la saison des incendies a augmenté de 18,7 % entre 1979 et 2013, selon une autre étude publiée dans la revue Nature en 2015.

Si cette tendance se poursuit, les conséquences seront dévastatrices en termes de pollution et de quantité de CO2 rejetée dans l’atmosphère. 

La France doit-elle craindre ces méga-incendies ? 

Selon Sébastien Lahaye qui coordonne des projets européens sur la gestion des feux, tous les ingrédients sont désormais réunis pour que survienne en France de nouveaux types d’incendies comme ces feux appelés convectifs et qui sont liés au réchauffement climatique, à l’abandon des forêts et des espaces ruraux et à l’urbanisation galopante à l’interface du milieu naturel. Ces feux sont aux portes de l’Europe prévient Sébastien Laha et la zone à risque s’étend sur notre territoire. Elle pourrait entraîner la multiplication de nombre de départs de feux simultanés. Les feux convectifs ont un comportement tellement violent que la stratégie de lutte classique ne peut pas être appliquée. Il faudra donc vivre demain avec des feux plus violents et destructeurs. Ces feux étant déjà la réalité dans plusieurs pays, nous connaissons les clés pour y faire face au mieux dit Sébastien Lahaye. Il sera notre invité cet AM dans la Terre au carré. 

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