Réveil coquin ce matin dans l'édito carré avec le sexe chez les animaux ! Pendant plus de 400 millions d’années d’évolution, pendant lesquelles les animaux ont dû s’adapter pour survivre, ils ont modifié leurs comportements… et leur anatomie !

La sexualité des animaux. Le canard colvert, l’un des petits 3% d’oiseaux ayant un organe génital, a un pénis, auto-destructible et repoussant tous les printemps, un pénis en tire-bouchon
La sexualité des animaux. Le canard colvert, l’un des petits 3% d’oiseaux ayant un organe génital, a un pénis, auto-destructible et repoussant tous les printemps, un pénis en tire-bouchon © Getty / Mayall/ullstein bild

Sujet hautement sérieux, car il est étroitement lié à + de 400 millions d’années d’évolution, pendant lesquelles les animaux ont dû s’adapter pour survivre. Adapter leurs comportements… et leur anatomie : "l’un des faits les plus frappants, c’est les organes génitaux", écrit la directrice de recherche au CNRS et au Museum national d’histoire naturelle Emmanuelle Pouydebat dans ce livre que j’ai dans les mains Sexus Animalus consacré donc au sujet.

Constat fascinant chez les espèces dont la morphologie générale varie très peu. Les organes génitaux diffèrent considérablement (…) De multiples stratégies se sont développées pour se reproduire, avec des organes innovants.

De quelles innovations parle-t-elle ?

Le pénis chantant du batelier d’eau, par exemple… Cette punaise frotte son édéage (on dit comme ça pour les insectes) contre son abdomen pour attirer la femelle, et produit un sacré boucan du haut de ses 2mm, puisqu’on tape dans les 100 décibels, l’équivalent d’un orchestre entendu du 1er rang, ou du barrissement d’un éléphant. 

Il y a aussi les bruches, qu’on rebaptiserait volontiers les brutes, puisque ces petits coléoptères ont un pénis plein d’épines, de façon à transpercer la femelle, l’accrocher pour qu’elle ne s’en aille pas, et ne s’accouple avec aucun autre ensuite si possible. 

Nombreux d’ailleurs sont les animaux cruels quand il s’agit de copuler… Vous savez peut-être que le canard colvert, l’un des petits 3% d’oiseaux ayant un organe génital, a un pénis, auto-destructible et repoussant tous les printemps, un pénis en tire-bouchon, pour forcer l’organe interne des femelles et assurer la fécondation. Alors les canes ont une parade avec un vagin en spirale, dans le sens opposé au tire-bouchon… 

Techniques d’évitement qui existent aussi chez les dauphins, ou les araignées : les femelles ont développé une sorte de labyrinthe à clapets pour bloquer le sperme indésirable. 

Donc l’anatomie des mâles et des femelles co-évolue ?

Oui mais les recherches sur les femelles sont moins nombreuses, une autre belle réalité qui s’applique aussi aux animaux. La science n’a donc pas encore compris tous les mécanismes et les origines des diversités morphologiques… 

Cela dit l’apparition même du pénis chez les animaux remonte à la conquête du milieu terrestre, lorsque la fécondation externe, dans l’eau, n’est plus possible… Et fait place à la fécondation interne. 

Il n’est d’ailleurs pas question uniquement de fécondation quand on parle sexe et animaux : le plaisir existerait lui AUSSI. Des études sur des rats ont montré une augmentation de la fréquence cardiaque, et la libération d’opioïdes et d’endorphines. Mais ça reste à prouver pour toutes les espèces. 

Sexus animalus par Emmanuelle Pouydebat est donc publié aux éditions Arthaud 

L'équipe