Imaginez un petit bout de ville comme placé sous un microscope et construit spécialement pour les scientifiques afin qu’ils puissent provoquer à la demande des tempêtes diluviennes ou des canicules… Cet endroit existe ; il est situé sur le campus de Marne La Vallée. Bienvenue à Sense-City !

La chambre climatique fermée qui recouvre la mini-ville 1. (Crédit : Philippe Bruley)
La chambre climatique fermée qui recouvre la mini-ville 1. (Crédit : Philippe Bruley)

De loin, cela ressemble à un gros cube bleu. Mais à l’intérieur de ce drôle de bâtiment se trouve un chalet en bois, un petit immeuble de deux étages, des panneaux solaires, un réseau géothermique, de la fibre optique et même une route avec voitures et feux tricolores.

Sense-City, une mini-ville unique en Europe avec ses deux espaces d’expérimentation

Sense-City c’est la ville des sensors, les capteurs en anglais. Elle en est bardée afin de tester tous les paramètres possibles pour comprendre l’écosystème d’une ville. L’idée est d’en maîtriser le fonctionnement pour la santé et le bien-être de ses habitants.

Dans cette cité, on peut tester tous les paramètres et scénarios climatiques pour savoir comment les aléas de la météo affectent nos villes et nos constructions. Les chercheurs peuvent par exemple faire chuter les températures de 4 à 5 °C par minute. Vous pouvez donc passer de l’humidité tropicale au froid très sec en un claquement de doigt. Tout est constamment enregistré et analysé pour comprendre les effets de la pluie, de la lumière, de la sécheresse, ou des polluants. 

Dans cette optique, une portion de route dépolluante a été spécialement conçue avec un bitume recouvert de nanostructures. Les résultats ont montré son efficacité pour lutter contre la pollution de l’air produite par les automobiles. Une baisse significative de la concentration en NOX, ces oxydes nitriques présents dans l’air et qui représentent un vrai problème environnemental, a en effet été enregistrée.  

Dans la mini-ville 2 inaugurée en novembre dernier, les chercheurs peuvent aussi étudier la gestion durable des eaux pluviales mais aussi les fameux îlots de chaleur, ces élévations localisées des températures dans les villes. Des rangées d’arbres ont été plantées dans une petite rue pour voir comment rendre les centres urbains plus vivables au moment des canicules avec un apport de végétation et d’eau.

Des bancs rafraîchissants pour l’espace public ont même été imaginés.

Du côté des bâtiments, il y a d’abord une maison en terre crue qui va être construite pour étudier les propriétés thermiques sous différents climats. Et puis dans le cadre d’une thèse de doctorat, plusieurs expérimentations sont réalisées pour identifier les éléments dans un bâtiment qui présentent le plus de déperditions de chaleur pour proposer un diagnostic thermique ciblé

La qualité de l’air intérieur est aussi étudiée tout comme le pouvoir d’absorption du rayonnement solaire.

► Sense-city, c’est l’un des sujets de la Terre au carrécet après-midi avec également un dossier sur les passoires thermiques de nos habitations.

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