Mathieu, ce matin dans l’édito carré vous revenez sur cette pollution au gazole dans une rivière et un lac de la Russie.

Oui le 29 mai dernier s’est produit près de Norilsk dans l’Arctique russe l’une des pires catastrophes écologiques de cette région avec le déversement de plus de 20000 tonnes d’hydrocarbures provenant d'une centrale thermique appartenant à un grand groupe minier.

Suite à la rupture des piliers soutenant la cuve de diesel, les polluants se sont répandus dans une rivière et un lac d’eau douce qui contient beaucoup de poissons. Les images impressionnantes de cette gigantesque marée noire à la couleur pourpre ont fait le tour des réseaux sociaux. 

Les responsables des opérations de dépollution tout comme Greenpeace ont déclaré que le nettoyage complet prendra des années.  

Le milliardaire russe à la tête de la centrale, a rapidement accusé le dégèle du pergélisol, cette couche de glace vieille de plusieurs milliers d’années, d’être le principal responsable. Sauf que la première cause de cette catastrophe précise le glaciologue du CNRS Florent Domine, est d’abord due à une grave négligence de la part des gestionnaires du réservoir de carburant qui ne se sont pas adaptés à une situation connue.

Et que se passe t-il exactement dans ces régions de l’arctique ? 

En raison de l’intensification du réchauffement climatique le pergélisol qui recouvre un quart des terres émergées de l’hémisphère nord subit un dégel partiel de sa glace dont l’épaisseur varie de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres. 

Résultat : ce dégel devient de devient de plus en plus problématique en fragilisant les habitations et les infrastructures bâties depuis des décennies sur ce socle de glace. 

Et les effets se font sentir un peu partout dans ces régions avec un affaissement des terrains et des fissures des routes ou des oléoducs qui se brisent et engendrent des fuites de pétrole. Un dégel qui menace aussi des nombreuses communautés autochtones de la Russie ou du Canada qui en raison des sols pauvres en glace vont devoir être déplacées. 

Selon une étude publiée dans Nature Communication en 2018, ce dégel menacerait 70% des infrastructures de l’Arctique à l’horizon 2050.

La Russie pour laquelle l’exploitation des ressources naturelles est une priorité stratégique, a ordonné la vérification complète des infrastructures à risque bâties sur le permafrost. 

Le retrait de cette glace est une véritable bombe à retardement…

Et pour quelles raisons exactement ? 

Et bien parce que sous l’effet du réchauffement climatique, le pergélisol libère des volumes très importants de gaz à effet de serre avec des quantités de méthane et de CO2 qui pourraient aggraver significativement le réchauffement climatique. Un vrai cercle vicieux. Aujourd’hui les modèles informatiques qui permettent d’évaluer l’impact des émissions sur l’évolution mondiale des températures commencent d’ailleurs à intégrer le dégel du pergélisol. 

En attendant, les seuls qui se réjouissent vraiment de la disparition de la glace, ce sont les chasseurs de mammouth qui mettent la main sur des tonnes de défenses en ivoires qui font l’objet d’un commerce florissant.

Le pergélisol ce sera le sujet de la Terre au Carré cet AM.  

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