Même si on ne dispose pour l’instant d’aucun chiffres précis, une chose est sûre : nous assistons en ce moment à une chute vertigineuse des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle de la planète. Et ce, en raison des restrictions sans précédent sur les transports, le travail et l’industrie.

Selon un article publié dans le Guardian le 12 avril, les analystes s’attendent à un effondrement de l’ordre de 2,5 milliards de tonnes des émissions mondiales de dioxyde de carbone en 2020 ce qui représente une réduction de 5%. 

Cette baisse est particulièrement importante dans le domaine routier et aérien, l’aviation produisant par exemple à elle seule environ 2% des émissions mondiales de CO2.  

Chaque jour dans le ciel on compte environ 100 000 vols commerciaux. Mais la mise à l’arrêt des déplacements non essentiels du trafic aérien pourrait entraîner une baisse sans précédent de la demande en pétrole ce qui joue en faveur de la baisse des émissions de gaz à effet de serre. 

Est ce qu’il y a des précédents dans l’histoire ? 

L’économiste Christian de Pertuis dans un article sur le site The Conversation évoque trois situations en temps de paix ayant entraîné des baisses des émissions mondiales de CO2 : 

  • les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979
  • la désagrégation du bloc soviétique au début des années 1990 
  • la récession de 2009. 

Mais à chaque fois, écrit-il, passé ces événements, la courbe globale des émissions de CO2 a redémarré. Ce qui peut laisser penser que les chocs de court terme constituent de simples parenthèses qui n’affectent pas les dynamiques à long terme. 

Mais qu’en sera-t-il suite à la crise du Covid-19 ? Selon Christian De Perthuis un petit rebond est à prévoir mais il ne devrait pas compenser avant longtemps la baisse que nous sommes en train de vivre. 

Fatih Birol, le chef de l’agence internationale de l’Energie, mettait en garde : 

Attention à ne pas considérer cette chute spectaculaire provenant des combustibles fossiles comme un triomphe climatique.  

Car les réductions d’émissions de CO2 liées au coronavirus ne sont pas structurelles. Ce ralentissement de l’économie a certes un effet direct sur la pollution mais pas sur le dérèglement climatique

S’il est à peu certain que cette situation sans précédent va laisser des traces dans l’organisation de nos sociétés et sans doute entraîner des baisses d’émissions de CO2 ici et là, cela ne signifie absolument pas qu’elle sera en mesure de ramener le cumul des émissions à un niveau compatible avec un réchauffement inférieur à 2 voire 1,5°C comme le préconise l’Accord de Paris

On sait d’ailleurs déjà que 2020 offre le deuxième mois de mars le plus chaud dans les relevés thermométriques depuis 1880 selon une publication de la NASA et de l’Université Columbia de New-York. 

La baisse des gaz à effet de serre on en reparle cet après-midi dans le Virus au carré. 

  • Légende du visuel principal: Selon le Guardian du 12 avril, les analystes s’attendent à un effondrement de l’ordre de 2,5 milliards de tonnes des émissions mondiales de dioxyde de carbone en 2020 ce qui représente une réduction de 5%. © Getty / Xuanyu Han
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