Ce matin dans l’édito carré vous nous parlez d’un rendez-vous avec le soleil qui est très attendu…

Oui et si Jules Verne était encore en vie il aurait sans doute beaucoup aimé l’histoire de cette sonde qui va décoller en juillet prochain et qui sera le premier objet humain à s’approcher aussi près du soleil. 

Et c’est probablement  pour ne pas porter la poisse à sa mission, que la NASA n’a pas baptisé son engin Icare ; ce benêt de la mythologie grecque qui est allé se faire cuire les ailes en s’approchant trop près de notre étoile. 

Non l’agence spatiale américaine lui a préféré « Parker Solar Probe » en hommage - et c’est une première - à un astrophysicien toujours en vie, Eugène Parker, qui le premier en 1958 a prédit l’existence d’éjections de matière par le soleil sous forme de vent.  

Monsieur Parker âgé aujourd’hui de 90 ans pourra donc assister cet été, au décollage de la sonde qui porte son nom et qui va s’envoler pour un voyage inédit vers l’astre brulant. 

Et en quoi consiste cette expédition périlleuse ? 

Et bien à s’approcher à seulement 6 millions de kilomètres de notre étoile, ce qui est très peu comparé au 150 millions qui nous en sépare habituellement. Pour arriver dans la lointaine banlieue solaire, la sonde mettra 6 années au cours desquelles elle utilisera Vénus et Saturne pour accélérer sa vitesse. Vitesse qui atteindra 700 000 kilomètres par heure ! Jamais un bolide humain n’est allé aussi vite. A cette allure-là Nicolas vous pourriez aller sur la lune en une demi-heure seulement !  

Une fois arrivée à destination - en 2024- le vaisseau spatial sera plongé dans un bain permanent à 1400 degrés !!! Son bouclier thermique composé d’une épaisse couche de carbone de 11 cm d’épaisseur, lui permettra en principe de ne pas fondre comme un sorbet… 

Et c’est là que la sonde va vraiment entrer en action ? 

Oui c’est dans ces conditions « muy caliente » que le travail pourra commencer avec cette mission dédiée au vent solaire, cette sorte d’autoroute magnétique sur laquelle circule un flot de particules chargées en énergie. 

Ce vent puissant s’échappe en permanence de la haute atmosphère de notre étoile. Il traverse tout notre système solaire en provoquant parfois sur notre Terre des orages magnétiques phénoménaux et des aurores boréales hallucinantes de beauté. 

C’est au cœur de la couronne solaire que nait le vent solaire. Et c’est là que la sonde ira récolter des informations pour comprendre sa formation et sa propagation. 

Cette mission pourrait aussi permettre de mieux prédire les éruptions solaires qui affectent les activités terrestres. 

Quelques mois après le départ de la sonde, le satellite d’observation européen Solar Orbiter viendra épauler le vaisseau américain au milieu des vents solaires pour compléter les observations et la récolte des données.

Le décollage des deux vaisseaux se fera depuis Cap Canaveral en Floride. Jules Verne génial anticipateur, avait déjà imaginé 150 ans plus tôt, le départ de sa fusée dans son roman « De la terre à la lune ». 

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