Ce matin dans l’édito carré une veille idée qui refait surface pour lutter contre les pénuries d’eau.

Et il s’en ait fallu d’un cheveu pour que la ville du Cap en Afrique du Sud ne devienne le 4 juin prochain la première grande métropole à atteindre le « jour zéro », ce moment critique où la municipalité n’aurait plus eu la capacité de fournir de l’eau à ses résidents. 

Le Cap affronte en effet une épouvantable sécheresse avec le niveau de ses barrages qui a chuté de près de 40% et une vie quotidienne pour ses habitants rythmée par les restrictions. Cette région d’Afrique a toujours connu les caprices de la météo, mais au cours des dernières décennies, c’est l’augmentation croissante de la population qui a provoqué une demande en eau dépassant nettement l’offre possible. 

C’est ainsi que les résidents du Cap ont reçu l’ordre de ne pas consommer plus de 50 litres d’eau par jour lorsque la moyenne mondiale est de 185 litres. 

Mais ces efforts ont été suivis d’effets puisque le scénario apocalyptique du Jour Zéro a été repoussé à l’année prochaine.   

Et pendant ce temps-là au milieu de la crise, les idées les plus variées ont émergé pour tenter d’obtenir facilement de l’eau potable… C’est ainsi que tel un vieux serpent de mer, la  marotte du remorquage d’Iceberg est ressortie des cartons …

 En quoi ça consiste ? 

C’est aussi simple que de transporter un glaçon géant de l’Antarctique pour venir le faire fondre aux portes de l’Afrique. Et cette idée plait beaucoup à Nick Sloane un homme qui a l’habitude des remorquages de l’extrême puisqu’on lui doit le redressement du navire Costa Concordia en 2014. Nick est un baroudeur qui n’a pas froid aux yeux et qui se verrait bien ajouter à son tableau de chasse le remorquage d’un iceberg tout en étanchant la soif des habitants du Cap. 

Son plan murement réfléchi couterait 130 millions de dollars et pourrait fournir 150 millions de litres d’eau par jour pendant un an. Sauf que comme le rappelait  Olive Heffernan dans la revue New Scientist, loin d’être une proposition inédite, cette solution est simplement l’incarnation d’une idée inepte qui refuse de disparaître.

Et pour quelles raisons ? 

Et bien parce que si une telle proposition pourrait fonctionner techniquement, déplacer un iceberg de plusieurs millions de tonnes pose quand même quelques problèmes : le premier étant de ralentir sa fonte pendant le remorquage. Des ingénieurs ont imaginé une jupe isotherme pour limiter le phénomène. A voir…

Et puis que dire de la pollution au mazout engendré par le transport d’un tel colosse ou les risques pour les écosystèmes marins. 

En réalité faire appel à un Iceberg est très couteux à court terme et cela détoure l’attention d’une vraie réflexion. Car face à la sécheresse chronique, des villes comme le Cap, doivent d’abord s’attaquer à un changement d’habitude dans leur utilisation de l’eau. En recyclant par exemple les eaux usées ou en dessalinisant l’eau de mer. 

Mais les hommes sont pressés et rien ne dit qu’un jour des Iceberg ne viendront pas fondre dans l’embouchure d’un port. 

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