Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit de mammuthus meridionalis, la star du Museum National d’Histoire Naturelle : presque 5 mètres au garrot, c’est 3 fois plus haut que nous…

Le mammouth du Museum d'histoire naturelle a besoin de votre aide
Le mammouth du Museum d'histoire naturelle a besoin de votre aide © AFP / PATRICK KOVARIK

La plus grande espèce de mammouth au monde, l’une des plus vieilles aussi... Celui-là, appelé "mammouth de Durfort" nom du village du Gard où il fut découvert dans un fossé, celui-là donc vivait il y a 2 millions d’années. Et son squelette impressionnant - et complet - est exposé depuis 1898 dans la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée du muséum, il n’en a jamais bougé. Mais voilà, le pauvre bon gros géant menace de tomber en ruines, car le temps fissure les os fossilisés, qui ont absolument besoin d’être consolidés, restaurés, et il y en a pour 400 000 euros ! Le financement participatif s’invite donc aussi dans la science, pour ne pas perdre ce joyau qui fascine depuis plus d'un siècle autant le public que les scientifiques…

Comment expliquer justement cet attrait pour les mammouths ?

Vous avez raison d’utiliser le pluriel, parce que le groupe est varié, c’est le premier intérêt des mammouths : une histoire de l’évolution à eux seuls, et particulièrement celle des mammifères proboscidiens dont il ne reste que les éléphants aujourd’hui ! La Terre a connu les premiers mammouths il y a 5 millions d’années, jusqu’à “seulement”, pourrait-on dire, 3 500 ans en arrière, le début des pharaons, vous imaginez ? Avec des transformations physiques considérables au fil du temps : géants au départ, et presque nains au moment de leur disparition, ils faisaient 1m de haut… Témoignages aussi des adaptations au changement climatique. Et là le plus emblématique c’est Primigenus, le mammouth laineux, en Sibérie… Beaucoup moins gros d’ailleurs, que notre vedette du Muséum. 

Ils racontent donc, tous ces mammouths, des histoires : sur notre planète, sur les hommes, qu’ils ont côtoyé, et qu’ils fascinaient aussi dès la préhistoire - on voit des mammouths sur les peintures rupestres… Animaux réels mais entourés de mythes, inscrits dans l’imaginaire collectif. Et c’est donc aussi un outil précieux pour la transmission des connaissances.

Qui est un enjeu majeur bien évidemment

Oui, c’est à travers ces fossiles que l’on touche le public, l’émotion que l’on ressent est bien différente devant un vrai squelette que devant une image ou une maquette… Et le public doit s’approprier ce patrimoine historique, explique la direction du Museum. Donc si vous voulez mettre votre petit os à l’édifice, la participation commence à 5 euros… Il y en a déjà 60 000 au compteur. Ce mammouth tout neuf sera visible on l’espère à partir de 2022.

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