Cette année marque le centenaire de la grippe espagnole de 1918 qui a tué plus de 50 millions de personnes dont 250 000 en France. Une hécatombe qui a fait plus de victimes que la Première Guerre mondiale qui se terminait à ce moment-là et même que la peste noire au Moyen-Âge. Saurions-nous mieux lutter aujourd'hui ?

Dans une étude publiée il y a quelques jours, des chercheurs australiens et néerlandais ont passé en revue tous les éléments ayant contribué à la gravité de cette pandémie pour voir si nous serions aujourd’hui mieux armés face à une grippe aussi dévastatrice.

La grippe espagnole de 1918

Malgré son nom, le virus de la  « grippe espagnole », serait originaire des Etats-Unis où il se serait développé dans les camps militaires du Kansas. 

Il aurait ensuite été transporté par des navires américains sur les champs de bataille en France avant de se diffuser ensuite dans le reste du monde. 

Au lendemain de la première guerre mondiale avec l’absence d’antibiotique et la malnutrition, les organismes sont très affaiblis et nombreuses sont les personnes qui décèdent de surinfections bactériennes. 

Aujourd’hui quels seraient les effets d'une nouvelle grippe espagnole ? 

C’est un peu la grande inconnue cette question. On sait que ça va arriver mais on n’a aucune possibilité de l’empêcher. Et même si nous sommes aujourd’hui mieux armés, d’autres défis nous attendent face à un virus grippal inconnu. 

Les chercheurs expliquent dans leur étude que la population aujourd’hui est radicalement différente de celle de 1918. Actuellement un grand pourcentage de la population mondiale est composé de personnes âgées ou de personnes atteintes de maladies chroniques ce qui augmenterait la gravité d’une infection même modéré. La résistance aux antibiotiques pourrait aussi compliquer les choses. Et même les effets du changement climatique aggraver sans doute la situation avec des pénuries alimentaires plus fréquentes, l’état nutritionnel étant reconnu comme un facteur important dans l’évolution des maladies infectieuses. 

Les scientifiques estiment donc qu’aujourd’hui avec une virulence et un taux d’attaque similaire au virus de 1918, le taux de mortalité pourrait atteindre 21 à 147 millions de personnes. La fourchette est large.

Un vaccin pan-grippal pour nous protéger ?

Selon Arnaud Fontanet de l’institut Pasteur, ces estimations sont à prendre avec précaution car le vrai déterminant, qu’on ne connaît pas, c’est la capacité du virus à entraîner des infections sévères. Face à un virus inconnu, la capacité d’organisation est essentielle. Le temps de fabrication d’un nouveau vaccin prendrait par exemple 3 à 6 mois ce qui est très long pour la grippe qui n’a pas d’équivalent en terme de vitesse de propagation.

Ce virus reste un cauchemar pour les chercheurs qui rêvent de trouver le vaccin pan-grippal qui serait actif sur toutes les souches du virus. Et cela changerait tout. Ce vaccin reste le graal absolu, un siècle après la pire pandémie de l’histoire. 

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Feme portant un masque pour éviter l'épidémie de grippe espagnole, qui suit la Première Guerre Mondiale © Getty / Topical Press Agency
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