Ce matin dans l’édito carré, on revient sur la découverte du trou dans la couche d’ozone. Tout commence en 1985. Des chercheurs britanniques repèrent en effet un immense trou au-dessus du pôle sud.

Couche d'ozone
Couche d'ozone © Getty / David Crespo

En cause : certains gaz produits par l’industrie chimique libérés dans l’atmosphère et qui ont été utilisés à partir des années 30 comme fluides de refroidissement dans les systèmes de climatisation, comme gaz propulseurs dans les aérosols ou encore comme solvants.

Les plus connus d’entre eux sont les chlorofluoro carbures, les fameux CFC. 

La découverte de cet énorme trou au-dessus de nos têtes est un véritable choc car l’ozone est indispensable à la vie en faisant office de bouclier et en absorbant les rayonnements ultraviolets du soleil. 

Ceux-là mêmes qui peuvent provoquer des cancers de la peau, des cataractes et endommager l’ADN de tous les êtres vivants. 

C’est donc la consternation à l’échelle de la planète et le début d’un grand ballet diplomatique qui aboutira deux ans plus tard à l’accord de Montréal. Cet accord international de premier plan a permis la réglementation des substances chimiques destructrices de la couche d’ozone. 

Et depuis la signature de cet accord en septembre 1987, les progrès ont été considérables.

On peut parler d’un succès ? 

Oui et ça n’est pas si fréquent dans le cadre des grandes négociations internationales qui se déroulent sous l’égide des Nations unies. Tout d’abord, l’application du protocole de Montréal a permis de réduire quasiment à néant la production et l’utilisation des substances en cause dans le trou de la couche d’ozone. 

Mais il a aussi permis, sans que cela soit prévu à l’époque, d’avoir un impact positif sur le changement climatique. En effet, les CFC ont un pouvoir de réchauffement global beaucoup plus élevé que le CO2. L’application du protocole de Montréal a donc permis d’éviter l’émission de 10 giga tonnes d’équivalents C02 par an dans l’atmosphère à partir de 2010 ce qui n’est vraiment pas un luxe au milieu de tout ce que nous envoyons par ailleurs comme gaz à effet de serre.   

Et puis le protocole de Montréal a surtout eu pour conséquence de diminuer le trou dans la couche d’ozone. Cette diminution a été estimée à 20% par la Nasa entre 2005 et 2016. 

Ces résultats sont le fruit de la mobilisation exceptionnelle de 191 pays signataires mais aussi, il faut le souligner, du rôle qu’ont joué les industriels qui ont rapidement cherché des substituts aux produits incriminés. 

Le bilan est donc très positif… 

Oui mais il faut quand même nuancer les choses car les substances responsables du trou dans la couche d’ozone ont une durée de vie très longue. Leur effet destructeur va donc persister encore pendant longtemps. Ajoutons également le développement dans plusieurs pays, parmi lesquels la Chine, d’un commerce illicite de ces mêmes produits. 

Et puis enfin les substituts qui ont remplacé les CFC ne détruisent certes plus l’ozone, mais sont potentiellement dangereux pour le climat en raison de leur pouvoir réchauffant élevé. 

Aujourd’hui, 16 septembre, c’est la journée internationale de la préservation de la couche d’ozone et on y revient tout à l’heure dans la Terre au Carré. 

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