À en croire l’étude publiée par le chercheur Christopher Depner de l’Université du Colorado et publiée dans la très prestigieuse revue "Current Bioology", les grasses matinées du week-end ne compensent pas le manque de sommeil de la semaine. Plus fou encore : elles seraient même mauvaises pour la santé !

La nouvelle est terrible : les grasses matinées ne servent à rien !
La nouvelle est terrible : les grasses matinées ne servent à rien ! © Getty / Tara Moore

Jusqu’à maintenant on pensait qu’en dormant plus le week-end on pouvait atténuer le déficit de sommeil de la semaine. Sauf que cette idée qui paraissait être du bon sens n’avait jamais été sérieusement étudiée scientifiquement. Les chercheurs américains ont donc voulu observer pendant neuf nuits le sommeil de 36 adultes en bonne santé. Pour cette expérience, le groupe a été divisé en trois : 

  • un premier groupe témoin était autorisé à dormir 9h par nuit, 
  • un deuxième pas plus de 5h 
  • le troisième pouvait alterner les deux: cinq heures par nuit la semaine et autant qu’ils le souhaitaient pendant les deux nuit du week-end. 

Les résultats de cette étude sont totalement déroutants puisqu’ils montrent que dormir plus le week-end n’a pas d’impact positif sur le métabolisme et pire puisque que les scientifiques ont même enregistré une augmentation de l’insulino-résistance, c’est à dire, une capacité réduite de l’organisme à pouvoir métaboliser les sucres. C’est ce que l’on observe par exemple dans les situations pré-diabétiques. 

Cette étude est dingue puisqu’elle montre plus d’effets délétères lorsqu’on veut récupérer du sommeil pendant le week-end que lorsqu’on évite la grasse mat’ !

Selon les chercheurs cela s’explique par le décalage que l’on inflige à notre horloge biologique circadienne. Le réveil tardif entraîne une désynchronisation en empêchant l’organisme d’être exposé à la lumière du matin. Ce véritable décalage horaire n’existe pas lorsque nous sommes dans des conditions de sommeil identiques entre la semaine et le week-end. 

Le chronobiologie Claude Gronfier qui trouve cette publication très intéressante précise néanmoins que d’autres études devront être menées pour confirmer ces résultats en observant d’autres marqueurs comme les symptômes de l’humeur, le système cardio-vasculaire, la digestion ou la cognition. 

Autant vous dire qu’en attendant que de nouvelles expériences soient publiées on a va en profiter pour s’offrir quelques grasses matinées supplémentaires avant que les injonctions ne viennent nous frapper… 

De sommeil, il sera question demain soir à 20h puisque ce sera le thème de notre dernière conférence avec le neurologue Lionel Naccache en direct du studio 104. Conférence à suivre en simultanée dans l’une des 130 salles de cinéma en France en réservant votre place ici.

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