Un avion zéro carbone est-il envisageable ? La "décarbonisation" de l’aviation est une priorité pour les constructeurs et compagnies aériennes. Actuellement le secteur participe à hauteur de 4,9 % au réchauffement global en comptabilisant ses effets induits.

Le 9 juin dernier le ministre de l’économie Bruno Le Maire dévoilait son plan de soutien à l’aéronautique française en annonçant le déblocage d’une enveloppe de 15 milliards d’euros dans le but d’aboutir d’ici 2035 au développement d’un avion de ligne 100% vert. 

En raison de son impact environnemental et de la croissance vertigineuse du transport aérien la « décarbonisation » de l’aviation est donc une priorité pour les constructeurs et compagnies aériennes. 

L’objectif d’un avion neutre en carbone est un projet colossal. Officiellement, les industriels assurent pouvoir relever le défi mais l’on entend aussi des voix qui ironisent sur le fantasme d’une aviation écologiquement responsable. En novembre 2017, un rapport de l’ONG européenne Finance and Trade Watch affirmait que quoiqu’il arrive, les avions fonctionnant avec des énergies fossiles seront encore en service en 2060 en raison du temps nécessaire entre la création d’un prototype concluant et une mise en service à grande échelle capable de répondre à la demande. 

Quelles sont néanmoins les pistes actuelles à explorer ? 

Le passage par l’hydrogène est la piste qui est privilégiée par le gouvernement pour voler sans polluer. Ce carburant est certes le plus léger mais sa faible densité pose problème en obligeant à repenser entièrement la place des réservoirs, l’architecture de l’avion ainsi que sa propulsion. Des réservoirs à très haute sécurité quatre fois plus gros que pour le kérosène seraient par exemple nécessaires. 

Même chose pour l’avion électrique, ça n’est pas encore une solution pour de gros appareil type A320 en raison des batteries pas assez puissantes et trop encombrantes.

Un avion plus vert passera sans doute par une combinaison de plusieurs facteurs  avec des appareils plus légers, avec des moteurs thermiques moins gourmands et la généralisation des carburants alternatifs qui associent biocarburants et carburants de synthèse mais donc le coût écologique est loin d’être neutre. 

Quant à l’avion solaire popularisé par Bertrand Picard : impensable pour le transport de nombreux passagers en raison de la très grande capacité d’énergie nécessaire. 

La mission s’annonce donc presque impossible de l’aveu de nombreux spécialistes. 

Mais il y a cependant une solution très efficace pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre du secteur aérien. Une tribune publiée dans Le Monde le 29 mai dernier le résumait parfaitement. On pouvait lire ceci : 

Le progrès technique ne peut à lui seul permettre la réduction des émissions, indispensable à la lutte contre le réchauffement climatique et donc au maintien des conditions d’habitabilité de la Terre. Les efforts technologiques doivent être menés de concert avec des choix politiques et économiques en faveur d’une réduction globale du trafic 

Et vous savez qui signait cette tribune  ? 550 étudiants du secteur de l’aéronautique ! 

Et c’est finalement sûrement cela la véritable innovation du futur : moins prendre l’avion…

  • Légende du visuel principal: Un avion zéro carbone est-il envisageable ? © Getty / Xuanyu Han
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.