Ce matin dans l’édito carré, les animaux s’invitent dans des endroits inhabituels... Imaginez Nicolas que cet été tranquillement installé sur la plage à gouter un repos bien mérité, votre serviette soit visitée par… un alligator.

Imaginez Nicolas que cet été tranquillement installé sur la plage à gouter un repos bien mérité, votre serviette soit visitée par… un alligator. L’importun ne serait évidemment pas le bienvenu et vous ferait sans aucun doute piquer un sprint mémorable. 

Rassurez-vous cette scène à très peu de chance de se dérouler sur une plage de l’Hexagone. En revanche cette aventure pourrait très bien vous arriver si vous choisissiez d’aller vous faire bronzer sur la côte sud-est des Etats-Unis où la présence de ces crocodiliens augmente.

Les alligators d'Amérique batifolent généralement dans les eaux douces marécageuses et parfois dans des mangroves aux eaux légèrement salées, mais aujourd’hui les plages et le milieu marin semblent constituer un nouvel habitat naturel. 

Dans une étude publiée il y a 10 jours dans la revue Current Biology, des chercheurs de l’Université de Duke en Caroline du Nord suggèrent qu’en raison des politiques de protection et de conservation qui ont porté leurs fruits, de nombreux prédateurs en ont profité pour étendre leurs aires de répartition à mesure qu’ils se sont rétablis. Et ils ont même recolonisé des écosystèmes qui leur servaient il y a très longtemps de terrain de chasse. On les repère donc aujourd’hui dans des endroits qui nous semblent plutôt insolites.

Et donc ça ne concerne pas que les alligators ?

Non les exemples se multiplient. C’est ainsi que les scientifiques observent localement l’augmentation de certaines espèces peu coutumières.  Les loutres de mer se sont ainsi étendues en Californie dans des marais et des herbiers d'estuaires, des phoques dans des régions au climat subtropical, des lions de montagne dans des prairies et des loups dans les écosystèmes marins côtiers.

Le cas du loup gris est fascinant. En 2008 une étude relatait un étrange phénomène sur les côtes de Colombie-Britannique. Les observateurs ont en effet découvert que ces loups délaissaient leurs proies habituelles, essentiellement des cervidés, pour pratiquer la pêche aux crustacés et aux saumons. Cette activité en eau peu profonde, serait beaucoup moins risquée pour ce prédateur que la chasse au gros gibier. On ne trouve nulle part ailleurs un tel cas d'évolution de loups pêcheur de poissons. 

Le poil de l’animal a même pris des teintes rousses pour lui permettre de se fondre sur la vase et les rochers des cours d'eau. 

Plus près de nous on peut citer l’emblématique vison d’Europe, Mustela lutreola. Ce mammifère classé en « danger critique d'extinction » est un cas intéressant d’espèce menacée qui a été capable de coloniser de nouveaux territoires en s’installant dans les rizières et la garrigue méditerranéenne comme l’indiquait le biologiste Thierry Lodé dans une publication l’année dernière. 

Et qu’est-ce que nous disent ces différentes études ? 

Et bien que les espèces animales ; qu’elles reviennent dans des habitats qu’elles ont déjà occupés dans un passé très lointain, ou qu’elles colonisent de nouveaux territoires ; ont une étonnante capacité à rebondir, à s’étendre et à exploiter toutes sortes de niches écologiques. Une capacité de résilience qui pourrait un jour vous obliger Nicolas à partager votre serviette de bain avec de nouveaux amis… 

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