Ce matin dans l'édito carré, comment le Coronavirus vient aussi bousculer notre intimité. Face à la pandémie, l’heure est donc au confinement et à la limitation des contacts. Et alors que les distances physiques font l’objet de recommandations officielles, c’est aussi la question de l’intimité de nos corps qui émerge.

En Chine après le confinement, le bureau des divorces a été pris d'assaut
En Chine après le confinement, le bureau des divorces a été pris d'assaut © Getty / Tetra Images

Selon le philosophe Bernard Andrieu, cette situation inédite révèle à quel point il est difficile de renoncer à notre culture corporelle du contact même si paradoxalement nous vivons dans une époque où les contacts humains se font de plus en plus rares. Mais aujourd’hui cette part de contact physique nous manque cruellement avec la mise à distance d’autrui qui vient rompre avec le souvenir des soins tactiles qui nous ont construit depuis l’enfance. Aujourd’hui c’est un peu la panique précise Bernard Andrieu car sans le toucher nous perdons nos sources de consolations et de sécurisations affectives.

Et il semblerait Nicolas que le coronavirus vienne également troubler jusqu’à notre vie sexuelle.

Et comment peut-on le savoir ?

Et bien regardez le nombre d’articles qui ont fleuri ces derniers jours dans la presse se demandant s’il faut arrêter d’avoir des relations sexuelles, si le couple peut survive au confinement ou si le coronavirus est un tue l’amour…  

Les ventes de sex toys et la fréquentation des sites pour adulte exploseraient dans certains pays et les paris sont ouverts concernant le baby boom qui pourrait avoir lieu dans neuf mois.

Et cette incursion du virus dans la vie amoureuse se fait déjà sentir jusque dans les cabinets des sexologues. Le médecin psychiatre Philippe Brenot confirme recevoir beaucoup plus d’appels ces derniers temps de la part de couples inquiets de la situation.

Et pour quelles raisons ?

Et bien parce que le coronavirus vient aussi rebattre les cartes au sein du couple. Le confinement est une expérience compliquée qui redistribue les rôles en vous obligeant tout d’un coup à vivre 24h sur 24h avec l’autre entre quatre murs.

Une telle situation peut-être une source de tension voire même de séparation. En Chine, les bureaux d’enregistrement de divorces ont été pris d’assaut ces derniers jours par des couples à bout de nerf. 

Mais rassurez-vous, nombreux sont ceux qui n’ont pas franchi le pas suite à leurs disputes. La réconciliation sur l’oreiller reste une valeur sûre même en temps de Coronavirus. 

La promiscuité nous dit Philippe Brenot peut renforcer un éloignement qui existait déjà ou au contraire donner l’occasion d’apprendre à se reconnecter et d’en sortir solidifié. Dans certains cas, les situations de crise peuvent même carrément rebooster la libido. 

En tous les cas les règles sanitaires concernant le coronavirus ne sont pas clairement avancées dans la sphère sexuelle. Selon l'Organisation Mondiale pour la Santé, si le coronavirus n’est pas encore classé comme infection sexuellement transmissible, échanger des baisers avec des personnes porteuses du virus, représente un risque de contamination.

Prenez donc vos précautions et vos distances, même si je vous l’accorde faire l’amour tout en respectant une distance de sécurité minimum d’un mètre n’est pas chose aisée.

Le coronavirus, le corps et l’amour on en parle cet AM à 13h30.

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