Ce matin dans l’édito carré, vous nous parlez de notre microbiote intestinal.

Et oui car jeudi va se réunir à Paris la crème de la crème de la microbiologie, l’élite de la flore intestinale, le nec plus ultra du peuple des bactéries. Tout ce petit monde se retrouve, histoire de voir où nous en sommes dans ce domaine qui est l’un des plus excitants. 

C’est la découverte en 2010 de l'extrême richesse de la flore intestinale et de centaines d'espèces bactériennes jusque-là inconnues, qui a bouleversé les connaissances. Que soit d’ailleurs ici remerciés tous ces généreux anonymes qui ont contribué à cette avancée majeure en faisant dons de leurs selles à la science. 

Et pourquoi le microbiote intéresse autant les chercheurs ? 

Parce que notre santé dépend directement de cette jungle avec ses centaines d’espèces grouillantes et ses 100 000 milliards d’individus. Et qu’on se le dise Nicolas, la bactérie n’est pas toujours notre ennemie ! 

Bien au contraire. Ces micro-organismes assurent une bonne digestion des aliments, ils renforcent notre système immunitaire dès la naissance au contact de la flore vaginale de notre mère, et nous protègent contre les mauvaises bactéries. 

Apprenons donc à aimer cette communauté qui squatte notre ventre comme un groupe de hippies mais qui fait aussi de nous des êtres uniques. C’est ainsi Nicolas que vos 2 kilos de bactéries intestinales sont aussi votre carte d’identité microbienne en reflétant ce que vous mangez, votre patrimoine génétique, vos maladies et même vos humeurs. Le lien direct entre le cerveau et le ventre étant clairement établi. 

Les bactéries sont souples comme le félin tapi dans les hautes herbes de la savane. Elles peuvent communiquer entre elles et s’unir pour attaquer des virus. Malheureusement leur capacité de résistance face aux antibiotiques est aussi devenue un problème majeur de santé publique.

Et qu’est ce qui peut fragiliser ce microbiote ? 

Principalement notre nourriture moderne. Moins de fibres dans nos assiettes et plus d’additifs, affaiblissent la barrière intestinale en ouvrant la porte aux bactéries envahisseuses. 

Un changement de régime peut rapidement modifier le microbiote intestinal. Et les recherches sur les personnes obèses ont montré un effondrement de leur richesse bactérienne. 

Actuellement, les pistes thérapeutiques sont nombreuses, encore faut-il rester prudent quant aux espoirs suscités dans ce domaine. 

Prenez l’exemple des pro biotiques, ces bactéries soit disant miracles, qui ajoutées à des yaourts promettent ventre plat et santé de fer. Pour le moment leur efficacité réelle n’a pas été démontrée. 

En revanche, les greffes fécales, certes pas très glamour, commencent à faire leur preuve chez l’homme. En transplantant les selles d’un porteur sain on peut restaurer le microbiote d’une souris ou d’un terrien en détresse. 

Et ne faites pas la grimace à l’écoute de ces propos un tantinet scato. Faut-il vous rappeler que le « Charme discret de l’intestin », un des plus gros best-seller mondiaux qui a popularisé le microbiote, a changé la face du monde en nous enseignant la meilleure position pour faire la grosse commission. Un petit pas, sans doute pour le canal anal, mais un bond de géant pour l’Humanité.

Légende du visuel principal:
Les bactéries intestinales, dernières héroines à la mode d'un best-seller © Getty / MEHAU KULYK/SCIENCE PHOTO LIBRARY
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.