21 jours et 21 nuits, c’est le temps qu’à déjà passé Thomas Brail perché à 15 mètres de haut dans un arbre situé devant le ministère de la transition écologique à Paris. Ce matin dans l’édito carré, pourquoi l’abattage des arbres suscite t-il autant d’émotions ?

Thomas Brail, grimpeur arboriste du Tarn, est perché sur un platane devant le ministère de la Transition écologique et solidaire pour la sauvegarde de 25 platanes sur les promenades à Condom et le respect de la loi. Paris, 12 septembre 2019.
Thomas Brail, grimpeur arboriste du Tarn, est perché sur un platane devant le ministère de la Transition écologique et solidaire pour la sauvegarde de 25 platanes sur les promenades à Condom et le respect de la loi. Paris, 12 septembre 2019. © AFP / Riccardo Milani / Hans Lucas

21 jours et 21 nuits, c’est le temps qu’à déjà passé Thomas Brail perché à 15 mètres de haut dans un arbre situé devant le ministère de la transition écologique à Paris. 

Son action vise à sauver des platanes de 120 ans menacés d’être abattus à Condom dans le Gers. 

Ce Tarnais qui est grimpeur arboriste est un protecteur acharné des arbres et de la biodiversité et il n’en est pas à son coup d’essai. 

Mais face au refus du maire Gérard Dubrac, de dialoguer, Thomas Brail a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de camper devant chez la ministre Elisabeth Borne. 

On peut d’ailleurs le suivre sur la page Facebook du Groupe national de surveillance des arbres où il laisse des nouvelles tous les jours. Mais derrière Thomas Brail, ce sont de nombreux habitants de Condom qui se sont spontanément mobilisés pour le soutenir et s’opposer au projet de réaménagement lancé par le maire. 

Et pourquoi l’abattage de ces arbres suscite t-il autant d’émotions ? 

Comme l’explique Anne Marie Boré du collectif « Sauvons les Arbres de Condom », le lieu concerné par cet abattage s’appelle « les promenades ». Il s’agit d’une double allée grimpante très ancienne qui est d’abord pour ses habitants le lieu d’une mémoire commune.  Mais surtout les pro-platanes de Condom mettent en avant les bénéfices offerts par ces végétaux qui absorbent le CO2 et permettent de bénéficier de points d’ombre et de fraîcheur très recherchés dans cette commune Gersoise où les températures en été peuvent dépasser allègrement les 40 degrés. 

L’ONF dans une expertise de 2017 considère que tous les arbres, sauf un qui est porteur d’un champignon parasitaire, sont sains et viables. 

Et selon un article du code de l’environnement, cet abattage d'arbres sains est illégal. Ces platanes abritent en outre des pipistrelles, une espèce de chauve-souris protégée sur tout le territoire français. 

Mais le maire n’en a cure et malgré les demandes de rendez-vous répétées de ses administrés, il s’entête à faire le mort. 

Et que se passe t-il en attendant ? 

Le collectif organise depuis fin juillet des surveillances à temps plein afin de donner l’alerte en cas d’arrivée d’une entreprise d’abattage. La résistance est prête à faire front. Aux arbres citoyens ! 

Et tous les soirs à 18h, des habitants de plus en plus nombreux se réunissent sur la place de la cathédrale de Condom pour discuter et participer aux permanences. 

Et cet exemple n’est pas un cas isolé, loin de là. De nombreuses communes françaises vivent à peu près la même histoire. 

Les français sont viscéralement attachés à leurs arbres car comme le rappelle Anne Marie Boré, ils représentent un patrimoine partagé et des  biens précieux à l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique.

De son côté Thomas Brail entame sa troisième semaine installé dans son arbre devant le 246, boulevard Saint-Germain à Paris. Camille Crosnier l’a rencontré pour la Terre au Carré et vous l’entendrez cet après-midi dans l’émission. 

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