Chaque année des milliards d'animaux traversent le globe pour rejoindre leurs sites de reproductions et d’hivernage : un parcours souvent parsemé d’embûches - notamment les bâtiments, les automobiles ou les éoliennes. Des chercheurs des Universités d’Oxford et Cornell ont enquêté pour tenter de réduire ces accidents…

Pour tenter de réduire ces accidents et comprendre l’intensité des périodes de migration des oiseaux, des chercheurs des Universités d’Oxford et Cornell ont mis au point un système de prévision basé sur 23 années d’observations entre 1995 et 2017. Un modèle inédit pour comprendre les mouvements migratoires à l’échelle entière des Etats-Unis

Et comment ont-ils procédé pour cela ? 

Ils ont utilisé un très vaste réseau de radars de surveillance météorologique installés dans tout le pays pour caractériser l’ensemble des comportements de centaines d’espèces migratrices. Et ils ont ainsi pu mesurer l’ampleur du flux migratoire nocturne des oiseaux qui dépasse fréquemment les 200 millions d’individus chaque nuit voire 500 millions pendant les périodes de pointe. Cette densité est liée de façon très étroite à la température de l’air. Car c’est lorsque les températures sont les plus chaudes que les oiseaux prennent le plus leur envol. 

Ce modèle probabiliste est très utile pour prévenir les dangers qui attendent les volatiles. 

Et les éoliennes dont vous parliez ? 

Dans une étude publiée l’année dernière, la LPO, la ligue de protection des oiseaux estime qu’en France, chaque éolienne tue entre 0,3 et 18 oiseaux chaque année. C’est donc loin d’être accablant et bien moins que l’hécatombe causée par les lignes électriques ou les immeubles. Mais le nombre de cas de collisions constatées est extrêmement variable d’un parc à l’autre. Et l’étude de la LPO relevait que la mortalité était deux fois plus importante dans les parcs éoliens situés à proximité des zones de protection spéciale. Zone classées justement en raison de leur intérêt ornithologique. 

Le problème c’est que les éoliennes sont évidemment implantées de préférence dans des endroits venteux, les mêmes qui sont empruntés par les migrateurs. 

La construction de certains parcs ont été d’effroyables erreurs comme au sud de l’Espagne au niveau du détroit de Gibraltar. Un paysage hérissé d’éoliennes et qui se trouve sur la route migratoire de l’Afrique. Ce couloir transformé en véritable hachoir a tué des millions d’oiseaux, de rapaces et de chauve- souris.

Des éoliennes ont été implantées sur les montagnes autour d'Algesiras surplombant le détroit de Gibraltar, sur la route migratoire de l’Afrique. Des millions d’oiseaux, de rapaces et de chauve- souris y sont morts
Des éoliennes ont été implantées sur les montagnes autour d'Algesiras surplombant le détroit de Gibraltar, sur la route migratoire de l’Afrique. Des millions d’oiseaux, de rapaces et de chauve- souris y sont morts © AFP / Derrick Ceyrac

Heureusement il est possible de demander l’arrêt des pales des éoliennes lorsque des espèces très suivies par les réseaux naturalistes sont annoncées. C’est le cas des grues cendrées venant d’Allemagne et qui traversent la Bourgogne et la Franche Comté.

Dans un contexte où les parcs éoliens poussent comme des champignons, il est urgent que les entreprises poursuivent leurs efforts pour limiter les dégâts à la fois pendant les périodes migratoires mais aussi tout au long de l’année pour les oiseaux nichant près de ces installations.

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Tous les ans, des centaines de millions d’oiseaux meurent après être entrés en collisions avec des bâtiments, des automobiles ou des éoliennes. © Getty / Barrett & MacKay
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