Une étude vient de paraître aux Etats-Unis, menée par l’Université Cornell dans l’Etat de New-York, évoque un phénomène dramatique : celui des oiseaux venant se fracasser par centaines de millions chaque année dans les vitres des gratte-ciel.

La pollution lumineuse ne cesse de s'étendre, que ce soit dans les villes ou ailleurs (autoroutes, plateformes pétrolières…), ce qui est dramatique pour les oiseaux
La pollution lumineuse ne cesse de s'étendre, que ce soit dans les villes ou ailleurs (autoroutes, plateformes pétrolières…), ce qui est dramatique pour les oiseaux © Getty / Chen Liu / EyeEm

Les villes de Chicago, Houston et Dallas, situées sur la route de nombreuses espèces migratrices, seraient les plus meurtrières.

La nuit, les oiseaux attirés par les lumières artificielles des buildings sont complètement désorientés, ces lumières des villes ayant pour effet de masquer leurs repères visuels pendant leurs trajectoires de vol.

Est-ce que ce problème de pollution lumineuse ne concerne que les villes ? 

Non malheureusement, puisque l’on sait que les oiseaux sont aussi attirés par les éclairages provenant des forages offshore, des complexes industriels ou des axes routiers

Les phares côtiers attirent par exemple les oiseaux qui se mettent à tourner autour des sources lumineuses jusqu’à l’épuisement. 

Même chose pour les plateformes pétrolières notamment en mer du Nord où l’on enregistre de grosses densités de migrateurs venant de Scandinavie et se dirigeant vers le Sud. Les oiseaux lorsqu’ils traversent la mer au milieu de la nuit dans des conditions météo souvent difficiles sont attirés par ces plate-forme et terminent bien souvent morts de faim et de froid. Ce problème de la pollution lumineuse concerne tous les pays et ces dernières décennies, l’éclairage artificiel a connu un tel essor que de nombreuses villes ne sont plus jamais plongées dans le noir. 

Rien qu’en France ce sont des millions de points lumineux qui éclairent notre ciel nocturne.

Quelles sont les solutions ?

Plusieurs ont déjà été prises depuis le Grenelle de l’environnement avec par exemple des tronçons d’autoroute qui ont été éteints la nuit

En 2013, un arrêté relatif à l'éclairage nocturne des bâtiments non résidentiels a également été voté afin de limiter les nuisances lumineuses des vitrines des commerces, bureaux et façades des bâtiments entre 1 et 7 heures du matin. Certaines collectivités choisissent même de tout éteindre la nuit. 

La fabrication des lampadaires en forme de boule qui projettent de la lumière vers le ciel a aussi été interdite par un règlement européen.

Selon Louis Sallé de la LPO, l’objectif est de couper le plus de lumières inutiles ce qui est bon non seulement pour toutes les espèces concernées mais aussi pour les économies d’énergie. Des efforts peuvent être faits en remplaçant par exemple les lumières blanches qui perturbent la détection des champs magnétiques des oiseaux et leurs repères visuels.

Mis bout à bout ces efforts permettent de réduire le volume et l’intensité de l’éclairage et de diminuer les impacts. 

Aux Etats-Unis, certains Etats commencent à baisser l’éclairage nocturne des bâtiments pendant la migration ou à adopter un vitrage réfléchissant les ultraviolets visibles perçus par les oiseaux. Les scientifiques encouragent ce type d’initiatives et ils indiquent que réduire l’éclairage même à un niveau très local peut faire la différence.

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