Des rues inégales. Des trottoirs décalés. Des fissures, parfois de plusieurs kilomètres de long, qui menacent les lignes d'électricité et les voies ferrées. Des bâtiments inclinés, dont certains ont dû être démolis. En cause ? La subsidence… Explications.

King's English, une librairie indépendante située dans une maison de ville du XVIIe siècle.
King's English, une librairie indépendante située dans une maison de ville du XVIIe siècle. © Getty / Alex Hare

La semaine dernière, une étude publiée par des chercheurs du centre allemand de recherche en géosciences de Potsdam s’intéressait au cas de Téhéran. En effet, certaines parties de la capitale iranienne, où vivent 13 millions de personnes, s’affaissent de 25 centimètres par an.

C’est en s’appuyant sur des données satellitaires que les scientifiques ont pu révéler l’ampleur du problème. Téhéran, la plus grande ville d'Asie occidentale en termes de population, est donc en train de couler et ce naufrage semble même s’accélérer.   

En cause : l’épuisement des nappes phréatiques. La ville qui a connu un étalement urbain très important ces dernières années prélève directement son eau sous ses fondations. Le géologue Gildas Noury explique que le fait d’aller chercher l’eau dans la nappe phréatique annule la poussée d’Archimède, cette force exercée par le fluide qui pousse un corps vers le haut, ce qui accélère le tassement du sol déjà affaibli mécaniquement. 

Quelles sont les conséquences de ces affaissements ? 

Des rues inégales, des trottoirs décalés, des fissures dans les murs et des bâtiments inclinés, dont certains ont dû être démolis. L’étude estime qu'environ 10% de la zone urbaine de Téhéran est touchée, ainsi que de nombreuses villes et villages situés aux alentours.

Certaines fissures de plusieurs kilomètres de long menacent les lignes d'électricité, les voies ferrées et même l'aéroport de Téhéran. 

Mais le cas de la capitale iranienne n’est pas isolé. La ville de Mexico constitue également un classique de la géologie avec son affaissement spectaculaire qui est le plus important au monde. Mexico a, en effet, été construite sur un ancien lac qui repose en grande partie sur des argiles tendres qui sont très peu stables. Certains bâtiments comme la cathédrale de la ville sont constamment en réfection en raison de son affaissement de 8 cm par an.

Le temple San Francisco à Mexico, célèbre pour ses peintures murales, se trouve désormais à plus d'un mètre sous le niveau de la rue. L’entrée s’y fait par ce qui était autrefois le premier étage ! 

Est-ce que des cas d’affaissement existent aussi en France ? 

Oui mais à une échelle bien moindre qu’au Mexique ou en Iran. Si vous passez à Nantes et que vous vous rendez sur le quai de la fosse construit au bord de la Loire, vous verrez que les immeubles ont une fâcheuse tendance à pencher.

Et puis, citons la ville d’Etampes dans l’Essonne qui possède sa propre tour de Pise avec son église, certes beaucoup moins célèbre que sa cousine italienne. Mais sa construction sur des sols marécageux explique une posture suffisamment étrange pour intriguer les passants. 

Gildas Noury rappelle que lorsque les hommes viennent construire sur des terrains géologiquement récents avec des alluvions de moins de deux millions d’années ils se risquent à  bâtir sur des sols compressibles et peu stables. L’occasion de rappeler que la terre est un organisme vivant qui ne se laisse pas envahir facilement.  

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