Ce matin dans l'édito carré, la sécheresse qui affecte l’Afrique Australe et le Zimbabwe en particulier.

La sécheresse au Zimbabwe. Vue générale des chutes Victoria ont récemment enregistré les niveaux les plus bas en raison d’une grave sécheresse, 10 décembre 2019
La sécheresse au Zimbabwe. Vue générale des chutes Victoria ont récemment enregistré les niveaux les plus bas en raison d’une grave sécheresse, 10 décembre 2019 © AFP / ZINYANGE AUNTONY

Il y a quelques jours vous avez sans doute vu circuler ces images impressionnantes des chutes Victoria qui apparaissaient presque totalement asséchées. Situées entre le Zimbabwe et la Zambie ces chutes attirent chaque année de très nombreux touristes.

Sauf que la réalité était tout autre puisque les images ne montraient qu’une partie des chutes. Sur des vidéos prises ailleurs, on voit que l’eau continue de couler abondamment en particulier du côté zimbabwéen. 

Les chutes Victoria enregistrent à cette période de l’année un volume d’eau traditionnellement faible. C’est également ce que m’a confirmé Mathieu Bourgarel qui est chercheur au CIRAD. Il travaille au Zimbabwe où il est spécialiste de la gestion des grands herbivores dans les aires protégés.  

Cependant même si cette précision est importante elle ne doit pas minimiser le fait que l’Afrique australe est actuellement confrontée à sa pire sécheresse depuis trente-cinq ans. C’est même du jamais vu pour le Zimbabwe depuis un siècle. Ce pays fait face à des périodes de plus en plus longues sans précipitations. 

Et quelles sont les conséquences de cette sécheresse? 

Et bien ce sont d’abord les populations qui sont les plus durement touchées avec la chaleur qui brule les cultures. Selon l’ONU, au Zimbabwe, où le pays est confronté à une très grave crise alimentaire et économique, plus de cinq millions de personnes vivant en zone rurale pourraient être  touchées par une pénurie alimentaire. 

Mais si les hommes souffrent, la faune elle aussi est victime de la situation. 

En raison de la lutte contre l’insécurité alimentaire Mathieu Bourgarel explique que certaines terres où vivent normalement les animaux sauvages, sont réquisitionnées pour l’agriculture. L’accès aux ressources est donc réduit et avec la sécheresse, nombreuses sont les bêtes qui meurent en nombre par manque d’eau et de nourriture. Depuis trois mois ce sont des centaines d’éléphants qui ont été retrouvés sans vie. 

Pour faire face à cette catastrophe les responsables d’un parc national Zimbabwéen ont donc commencé à déplacer la faune sauvage vers des sites moins durement touchés. C’est ainsi que 600 pachydermes, deux meutes de lions, 50 buffles, 40 girafes et 2000 impalas vont être endormis au moment de la capture et transférés par la route pour échapper à la sécheresse. 

Ce type d’opération est courant en Afrique? 

Non pas du tout c’est tout à fait inédit à cette échelle avec un coût financier qui est d’ailleurs assez délirant. Rien qu’au Zimbabwe on estime à 20000 le nombre d’éléphants qui devraient être idéalement déplacés. Le total de la facture s’élèverait alors à plus de 50 millions d’euros. Une solution qui n’est donc pas tenable.

Le pays a donc désespérément besoin qu’il pleuve pour tenter de faire face à cette crise. 

Mais selon le GIEC, l’Afrique australe est une région particulièrement affectée par le réchauffement climatique puisque les températures augmentent deux fois plus vite que dans le reste du monde. 

On fait le point sur cette sécheresse cet après-midi dans la Terre au Carré avec Mathieu Bourgarel.

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