Chaque semaine en France, plus de 3000 sites font l’objet de prélèvements réalisés par les agences régionales de santé afin d’assurer la sécurité des baigneurs.

Oui car pour toutes celles et ceux qui auront la chance d’aller barboter pendant les vacances, l’agence européenne pour l’environnement, a publié la semaine dernière les résultats de son évaluation annuelle. Les recherches concernent principalement les contaminations fécales, les bactéries et les virus avec des risques sanitaires essentiellement autour de la gastro-entérite, des infections ORL, des otites ou des conjonctivites. 

Et alors quels sont les résultats ? 

Et bien plutôt très bons puisque la qualité de l’eau qui concerne les eaux côtières et les espaces intérieurs est en progression constante dans toute l’Europe. Sur les 22000 sites contrôlés en 2019, 84,6% sont de qualité excellente. C’est Chypre qui arrive en tête du classement, suivi de l’Autriche, Malte, la Grèce et la Croatie. La France qui était déjà mauvaise élève l’année dernière, pointe à la 18 ème place. C’est marrant on dirait les résultats de l’Eurovision !... En Europe, la qualité globale des eaux Européennes s’est donc largement améliorée ces dernières années sauf qu’il y a une réserve de taille…

Ah bon et laquelle ? 

Ces résultats ne représentent qu’un morceau du spectre et cette évaluation annuelle ne dit rien de la qualité de l’eau à l’instant T où vous allez vous baigner. Elodie Martinie Cousty de France Nature environnement, explique que les analyses européennes oublient d’intégrer l’état chimique et écologique de l’eau ce qui exclue les perturbateurs endocriniens, la concentration de zooplancton et de phytoplancton ou les micro plastiques. Des éléments indispensables pour pouvoir affirmer que l’eau d’un océan, d’un lac ou d’une rivière est vraiment en bon état. Après de grosses pluies par exemple, la qualité de l’eau peut passer de très bonne à mauvaise en quelques heures seulement. 

Alors quel est le « bon état » écologique des eaux ? 

Les évaluations montrent que 60% des habitats marins et côtiers sont en réalité en très mauvais état de conservations en raison des pollutions liées aux pratiques de l’agriculture intensive avec les intrants chimiques qui sont responsables à 95% de la mauvaise qualité des eaux. 

Mais il faut citer également les obstacles qui empêchent l’écoulement naturel de l’eau. Les constructions et aménagements bouleversent la morphologie des cours d’eau ce qui altère leur fonctionnement. Et puis citons aussi les prélèvements trop importants d’eau qui peuvent faire baisser le débit et les écoulements naturels en finissant par porter atteinte aux espèces qui y vivent.  

Donc vous l’avez compris la qualité des eaux de baignade telle qu’elle est mesurée par l’Europe ne reflète pas la réelle bonne santé des cours d’eau. 

Ce sont les mairies ou les préfectures qui peuvent procéder à une mesure plus fine de l’état physico chimique et microbiologique de l’eau de mer ou de l’eau douce et qui normalement doivent en informer le public. Nous en reparlerons cet AM dans la Terre au carré. 

  • Légende du visuel principal: Vue côtière du Rocher d'Aphrodite sur la péninsule d’Akamas, à proximité de Paphos, sur l'île de Chypre © Getty / Fiona McAllister Photography
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