Dresser le portrait robot des personnes les plus touchées par le coronavirus reste une tâche encore difficile à réaliser car nous ne disposons pas encore d’études sur une large cohorte de population. Mais des tendances se dessinent.

L’épidémiologiste Dominique Costagliola explique ainsi que les données dont nous disposons actuellement sont liées aux hospitalisations, et qu’elles sont encore incomplètes. D’une certaine manière, explique t-elle, nous ne disposons de données que sur la pointe émergée de l’épidémie. 

Cependant, des tendances se dessinent quand même et parmi elle la plus importante concerne le facteur lié à l’âge. Dès la fin du mois de février, les premières études le montrent et cela a été confirmé en Europe comme en Chine. Ce facteur est d’autant plus marqué chez les personnes qui ont des formes très graves.  

L'âge, premier facteur de risque

Dans son point épidémiologique hebdomadaire du 14 mai, Santé Publique France indique que sur les 96 000 patients ayant été hospitalisés depuis le 1er mars, l’âge médian des patients était de 72 ans. Parmi eux 17 000 patients sont décédés et 71% étaient âgés de 75 ans et plus. 

Et puis le 7 mai dernier, les résultats d’une vaste étude anglaise portant sur 17 millions d’habitants venait confirmer de façon implacable ce facteur de risque.

Les auteurs ont calculé que pour les 5600 décès attribués au COVID-19 le risque de décès était doublé pour les sexagénaires, quintuplé pour les septuagénaires et multiplié par douze à partir de 80 ans ! L’écart de risque entre les plus jeunes et les plus âgés est énorme puisqu’il multiplié par 180 ! 

Quels sont les autres facteurs de risques ?

On constate que pour les trois-quarts des personnes admises en réanimation, il y avait une ou plusieurs co-morbidité. C’est le cas pour plus de 84% des personnes décédées.

Les co-morbidités les plus fréquemment rapportées étaient l’hypertension artérielle, une pathologie cardiaque, le diabète, un surpoids ou une obésité et une pathologie pulmonaire (22%) Des facteurs de risque similaires à ceux que l’on retrouve pour la grippe. 

Pour en savoir plus sur le profil des malades, deux études épidémiologiques, Sapris et EpiCov sont actuellement en cours en France sous l’égide de l’INSERM. 

Sapris travaille sur une cohorte de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui sont suivies depuis des années. Les participants à cette étude vont pouvoir subir un test sérologique qui permettra de savoir si elles ont contracté le virus à un moment donné. Cela va permettre de confirmer des hypothèses comme la faible mortalité chez les fumeurs ou de savoir si certains médicaments liés à des pathologies chroniques protègent du Covid ou au contraire ont des effets délétères. La question se pose par exemple pour des traitements contre l’hypertension. 

Identifier les personnes les plus vulnérables reste absolument essentiel pour mieux les soigner mais aussi pour qu’elles adoptent des mesures strictes les protégeant contre tout risque de contamination. Nous y reviendrons cet après-midi dans le Virus au carré. 

  • Légende du visuel principal: Senior dans Paris © Getty / Denis Meyer / Hans Lucas
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