Ce matin dans l’édito carré Mathieu Vidard s'intéresse à ces stars qui inspirent les chercheurs car la science offre parfois des surprises.

Et loin des clichés d’une recherche synonyme de blouse blanche, de laboratoire décrépi et de cheveux gras, certains scientifiques s’aventurent sur des territoires plus iconoclastes ou le glamour peut côtoyer le rêve. 

On trouve donc des originaux qui n’hésitent pas à remplacer la paillasse par les paillettes et le tube à essai par les tubes tout court, passant outre les sourires crispés de leurs confrères de labo.

C’est ainsi qu’un musicologue de l’Université de Copenhague remporte actuellement un succès inattendu avec un cours dédié à la chanteuse Beyoncé en abordant la question du genre, de la race et des relations de pouvoir. Derrière la plus grande pop star du moment l’enseignant entend décrypter les dynamiques à l’œuvre dans la culture populaire pour comprendre la société dans laquelle nous vivons. 

Beyoncé qui au passage a également inspiré l’entomologie en donnant son nom à une mouche, _la Scaptia Beyoncea_, en raison du postérieur proéminent de l’insecte et de ses poils dorés sur l’abdomen. 

Est ce que les études sur les stars sont récentes  ? 

Pas tant que cela puisque dès 1957 le sociologue Edgar Morin, les étudie au festival de Cannes pour comprendre le phénomène de divinisation par le public et ses répercussions dans l’espace public.

Car derrière l’apparente frivolité du sujet, les stars ont beaucoup à nous apprendre sur l’organisation des sociétés humaines, sur le pouvoir et la fascination. Au même titre que l’oie cendrée si chère au biologiste Konrad Lorenz, la star par sa puissance d’attraction peut entrainer des foules immenses dans son sillage, comme le leader chez l’oiseau migrateur donnant la bonne direction au reste du groupe. 

Et ces icônes sont donc toujours étudiées aujourd’hui ?  

Absolument et les stars sont même devenues un objet universitaire assez banal dans les cours sur la communication ou les médias. Mais attention car toutes les vedettes ne sont pas dignes de passer sous l’œil du microscope et de se voir consacrer des travaux en sciences humaines. La star doit être immédiatement reconnaissable avec cette position singulière qui relève de la consécration divine. 

Pour le sociologue Emmanuel Ethis, la star est une déesse qui habite un monde parallèle et sans contrainte. Ses fêlures révèlent aussi des fragilités qui font écho en nous et qui remplissent un rôle social en nous servant d’exutoire. 

Récemment le philosophe Philippe Chevallier spécialiste de Foucault et Kierkegaard a consacré un travail de recherche à Claude François pour explorer la forme de ses chansons. Une forme qu’il qualifie de moyenne en situant les mélodies du chanteur populaire sur une ligne de crête entre le nul et le génial. Son travail, pourtant largement salué par les médias, lui a valu quelques railleries au sein de sa discipline. 

Preuve qu’il est parfois plus facile d’envahir les sommets du box-office que d’accéder à la reconnaissance scientifique. 

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