Le palmarès des « Ignobel », ce pastiche bon enfant et beaucoup plus amusant de la célèbre et corseté cérémonie Suédoise a fait la part belle à notre pays.

Ce matin Mathieu, vous revenez sur la cérémonie des ignobles Nobel qui s’est tenue jeudi aux Etats-Unis.

Mathieu : Oui et c’est avec une joie non dissimulée que chaque année je découvre le nouveau palmarès des « Ignobel », ce pastiche bon enfant et beaucoup plus amusant de la célèbre et corseté cérémonie Suédoise.

Ce prix caustique créé en 1991, a pour ambition de célébrer l’insolite et l’inventivité, de dénoncer l’incompétence spectaculaire de quelques scientifiques mais aussi l’absence de scrupule de certains dirigeants politiques.

Et preuve du sérieux de ce prix réjouissant remis chaque année dans la prestigieuse Université Harvard, on trouve des lauréats qui comptent parmi les meilleurs scientifiques de la planète.

C’est le cas du physicien Paul Geim qui reçut en l’an 2000 un Ignobel pour avoir utilisé des aimants pour faire léviter des grenouilles et qui en 2010 a obtenu un véritable Nobel pour ses travaux sur le graphène.

Et que retenir du palmarès de cette année ?

Beaucoup de travaux tout à fait fascinants comme cet Ignobel d’anatomie qui répond à cette question : « pourquoi les hommes âgés ont-ils de grandes oreilles » ou encore cet Ignobel de cognition, décerné à des psychologues italiens qui ont étudié les jumeaux homozygotes qui ne parviennent pas eux-mêmes à se reconnaître sur leurs propres photos !

Mais c’est la France qui peut être fière car elle décroche deux Ignobels cette année !

Le premier est décerné au chercheur Marc-Antoine Fardin de l’Institut Jacques Monot, qui a reçu l’Ignobel de physique pour ses travaux dans le domaine de la rhéologie des chats.

Petit décryptage : cette science s’intéresse aux déformations et à l’écoulement de la matière.

Les chats peuvent-ils être considérés comme liquide ?

Ils semblent en tous les cas montrer cette propriété. Qui n’a pas un jour retrouvé son gros matou dans des positions tout à fait exotiques à l’intérieur d’un récipient ou d’un lavabo.

Et qui est le second lauréat français ?

Il s’agit du neuroscientifique Jean-Pierre Royet qui avec son équipe de Lyon a mené des recherches sur les structures cérébrales impliquées dans… l’aversion au fromage. Car même si la France est le pays qui compte le plus de fromages au monde – plus de 1600 - c’est aussi cet aliment qui arrive en tête des nourritures qui dégoutent le plus de personnes. Pour comprendre ce phénomène, Jean-Pierre Royet a placé 30 cobayes humains dans une IRM et a visualisé leur activité cérébrale pendant qu’ils regardaient des photos et respiraient des odeurs de fromages.

Son expérience montre que les personnes réfractaires au Calendo et au Livarot ont une activité plus importante au niveau du circuit de la récompense.

Le résultat est plutôt contre intuitif mais il a été couronné à Harvard jeudi soir.

Ce n’est pas la première fois que notre pays brille au cours de cette cérémonie. En 1996 le Président Jacques Chirac lui-même a reçu l’Ignobel de la paix. Vous savez pourquoi ?

Pouravoir repris les essais nucléaires français dans le Pacifique, l’année du 50 ème anniversaire des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki !... Mais quel gaffeur ce Jacquot !

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