Les éditons de la Découverte réédite "Désastres urbains" sorti en 2015 du philosophe de l'urbain, Thierry Paquot. 260 pages dans lesquelles il passe au crible cinq objets architecturalo-urbanistiques, synonymes selon lui d’enfermement et d’assujettissement.

Quand la ville devient le symbole des maux du capitalisme
Quand la ville devient le symbole des maux du capitalisme © Getty / franckreporter

Il s’agit des gratte-ciel, des grands ensembles, des centres commerciaux, de la Gated Community (la communauté fermée) et enfin des "grands projets" qu’il qualifie d’inutiles, à l’instar du Grand Paris. 

Des objets urbains dévastateurs et dénués de toute cohérence territoriale, sociologique et écologique. 

Autant vous dire que Thierry Paquot n’y va pas avec le dos de la cuillère et qu’il dézingue façon Tarantino chacune de ses cibles. 

Cinq ans après leur rédaction, écrit-il « les propos de cet ouvrage se voient non seulement confirmés mais aggravés. Les cinq dispositifs ont en effet continué à se multiplier sur la surface bétonnée du globe, augmentant démesurément la facture carbone en dégradant de manière irréversible la 'nature' déjà malmenée par une agriculture productiviste et des infrastructures spatiophages ». 

Vous l’avez compris : ce livre de philosophie urbaine est aussi un essai politique où les villes sont le symbole des maux de la société capitaliste.

Par exemple ? 

Et bien prenez les centres commerciaux. Thierry Paquot ne les fréquente plus depuis des années. La chaleur, la foule, la musique d’ambiance, les publicités ineptes, la vidéo de surveillance et les lumières en continu. Le centre commercial est décrit comme le temple du gaspillage, de l’achat compulsif et de l’uniformisation des modes de vie. 

Autre cible : le Grand Paris qui symbolise le grand projet inutile et la toxicité de la démesure imposés par une poignée de technocrates associés à des élus habités par la croyance que le toujours plus grand est forcément mieux. Le tout sans permettre aux gens d’exprimer leurs besoins réels ou leurs désirs. 

Et puis que dire des gratte-ciel, ces impasses verticales tributaires de l’ascenseur. La tour est une absurdité pour Thierry Paquot : vorace en énergie, hors de prix à construire, à sécuriser, à entretenir et enfin, concentrationnaire pour ses occupants. Tout comme les grands ensembles qui sont des nids à solitude et des passoires thermiques ! 

Pour le philosophe, la ville se meurt et il est urgent d’agir. 

Et quelle serait la ville idéale selon Thierry Paquot ? 

Un lieu qui doit combiner trois qualités : l’urbanité, la diversité et l’altérité. Il imagine des villes à taille humaine avec des espaces organisés en réelle concertation avec les habitants auxquels on attribuait des responsabilités sur le budget alloué. 

Des villes où serait pratiquée une hospitalité ouverte, fondée sur les désirs des habitants et sur leur amitié avec le monde vivant. Une "bio-urbanité" qui s’entremêlerait à la biodiversité. Alors utopie ou vrai projet d’urbanisme ? 

Thierry Paquot nous en dira plus tout à l’heure puisqu’il sera l’invité de la Terre au Carré, pour son ouvrage Désastres urbains.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.