La semaine dernière, un rapport interne de la NASA évoquait le souhait de la Maison Blanche de ne plus financer l'ISS et de trouver un relais pour prendre en charge cette structure fort coûteuse.

Les autorités prévoient dans le budget 2019, 150 millions de dollars pour aider les futures entités commerciales qui seraient candidates.

Si elle veut financer des projets plus ambitieux, comme la Lune en 2030 comme l'a demandé Donald Trump, l'agence américaine doit faire des choix budgétaires. 

Or une station habitée, c'est un gouffre... Un peu comme un hôtel au Pole nord, les contraintes sont énormes. Même si tous les partenaires se sont engagés jusqu'en 2024 , les américains comptent plus que les autres. Ce sont eux qui ont investi 100 milliards de dollars dans la construction et qui assurent aujourd'hui les 3/4 du budget de fonctionnement comparativement aux russes, japonais, européens et canadiens. 

Autrement dit, la voix de la NASA est déterminante. 

Si la nasa se retire, une privatisation complète est-elle envisageable?

En fait, même si on entend souvent qu'un euro ou un dollar investi dans les vols habités rapporte 1 fois et demi ou plus sur terre, les experts savent depuis des décennies qu'aucun privé n'est prêt à financer l'ISS. Il n'y a pas de marché. 

Déjà, du temps d'Hermès, la navette européenne qui n'a jamais vu le jour, les études avaient montré que ni les laboratoires pharmaceutiques, ni les entreprises énergétiques ou de matériaux n'avaient les moyens de s'offrir un laboratoire volant. Même dans l'hypothèse où des produits très novateurs sortiraient de cet environnement, la facture était trop lourde. 

Transformer l'iss en spot touristique ? 

Déjà quelques billets ont été vendus. Souvenez-vous 7 milliardaires ont passé une semaine en apesanteur entre 2001 et 2009 pour 20 millions de dollars. Sauf qu'une fois là haut, on ne leur a pas demandé de participer à la maintenance de la station ou d'assurer les liaisons avec la cité des Etoiles et Houston. Ils n'en n'auraient pas été capables. D'ailleurs on ne demande pas à un touriste de faire tourner l’hôtel où il va. Et puis, il existe sur terre, d'autres offres pour les sensations de l'apesanteur. Les vols paraboliques à bord d'un avion et bientôt, peut-être un vol suborbital, à 100 km d'altitude... Plusieurs entreprises y travaillent. 

A bien y réfléchir, il y a peu de chances de trouver une reconversion pour l'ISS d'ici son 25 ème anniversaire. Elle a toute les chances de finir comme Mir, désorbitée.

D'autant que les chinois, toujours écartés des projets internationaux, ont dans l'intervalle acquis un savoir-faire.... Ils prévoient la construction d'une station à partir de l'an prochain.  En attendant que le retour sur la Lune se concrétise, il y aura donc cette alternative. Les européens semblent s'y préparer puisqu'au moins un de leurs astronautes, Thomas Pesquet s'est mis au chinois !

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