Dans l’édito carré, des scorpions venimeux dans les villes brésiliennes.

Tityus serrulatus, espèce endémique au Brésil
Tityus serrulatus, espèce endémique au Brésil © Getty / Francisco Garca Salazar / EyeEm

Avec ses 12 millions d’habitants, Sao Paulo est la plus grande ville du Brésil. Mais elle doit également compter avec la présence d’un indésirable qui a fait beaucoup parler de lui la semaine dernière : le scorpion jaune de l’espèce Tityus Serrulatus. 

Ce scorpion doit sa soudaine popularité au sociologue, Hamilton Coimbra qui ,dans un article, raconte que les scorpions ont infesté son quartier.

Un véritable récit pour scénario de film d’horreur. 

Selon le ministère de la Santé brésilien, le nombre de personnes piquées par les scorpions dans le pays est passé de 12 000 en l’an 2000 à 140 000 l'an dernier.

Les piqûres de ce scorpion sont extrêmement douloureuses, rarement létales sauf pour les enfants et les personnes âgées. L’année dernière, 88 personnes sont décédées des suites de leurs blessures. Selon le sociologue brésilien, le principal responsable de cette invasion serait le réchauffement climatique.

Et que disent les spécialistes de cet animal?

Le biologiste, Wilson Lourenco, qui travaille depuis plus de 50 ans sur cet arachnide rappelle que l’urbanisation du scorpion jaune brésilien est connue depuis près de 70 ans. Cet animal est originaire de la ville de Belo Horizonte au Nord de Sao Paulo. Et la ville a été construite sur le territoire des scorpions. C’est donc nous qui habitons chez eux. Le scorpion, pas rancunier pour deux sous, a donc su parfaitement s’adapter à la présence humaine !  

Ce scorpion jaune a la particularité de se reproduire par parthénogenèse, ce qui signifie qu'une femelle peut se passer des mâles. Elle peut donner naissance à 20 ou 30 bébés scorpions, deux à trois fois par an. Même si beaucoup meurent dans les premières semaines de leur vie, se débarrasser des scorpions est une tâche herculéenne. Et avec les étés plus chauds, les scorpions bénéficient de périodes de reproduction plus longues. 

Wilson Lourenco précise aussi que ce sont les hommes qui ont transporté les scorpions dans leurs déplacements. Par exemple, dans les camions chargés de bois. Ces animaux sont des opportunistes qui peuvent s’adapter à des milieux très urbanisés. Ils apprécient en particulier les réseaux d'égouts, les canalisations électriques et les poubelles. Et comble de l’horreur, cette sale bête fréquente aussi les quartiers chics. Des scorpions ont été trouvés dans les salles de bains d’appartement luxueux situés au 20e étage ! Intolérable !  

Existe t-il des moyens de les combattre ? 

Tout a été tenté mais rien n’a fonctionné, comme le ramassage direct de millions d’individus ou encore les insecticides. Mais l’augmentation des populations de scorpions jaunes au Brésil semble surtout être liée à la très mauvaise gestion des ordures. 

Alors c’est vrai, le scorpion véhicule une très mauvaise image et suscite rapidement la psychose. Mais rappelons quand même que ces animaux vivent sur terre depuis plus de 450 millions d’années et qu’ils ont résisté à toutes les grandes extinctions de masse. On les trouve dans tous les milieux, arides ou humides et même à plus de 4500 mètres dans les montagnes himalayennes. 

Même s’ils sont un peu encombrants, ils méritent donc tout notre respect. 

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