Regardez bien votre tube de dentifrice, votre bouteille de shampoing ou votre bidon de lessive. Dans quelques années, ces produits auront surement déserté les rayons de votre supermarché.

Tube de dentifrice, bouteille de shampoing ou bidon de lessive : dans quelques années, ces produits auront surement désertés les rayons des supermarchés, remplacés par moult sacs en tissus et contenants vides.
Tube de dentifrice, bouteille de shampoing ou bidon de lessive : dans quelques années, ces produits auront surement désertés les rayons des supermarchés, remplacés par moult sacs en tissus et contenants vides. © Getty

Car la révolution est en marche et dans le monde entier, les Che Guevara du gaspillage et du plastique sont de plus en plus nombreux à vouloir se passer de ces emballages qui commencent franchement à nous mettre la honte en raison de leur impact sur l’environnement. 

Et c’est dans ce bruit de fond de la catastrophe écologique que sort un essai très original. Son titre : Mélancolie du pot de yaourt. Méditation sur les emballages écrit par le critique Philippe Garnier. Il propose en 150 pages une plongée savoureuse dans ce monde de sachets, de tubes et de boîtes en tous genres. Et le regard qu’il pose sur les emballages nous interpelle autant qu’il nous réjouit.

Pourquoi s’est-il intéressé à ce sujet ?

Et bien parce ces objets si néfastes écrit-il sont entrés dans nos vies et qu’ils ont régné sur nos sens et nos mémoires en modelant nos sensibilités. C’est à travers la matière, les lignes, les couleurs ou le graphisme des emballages que Philippe Garnier explore ces objets symboles de séductions qui se retrouvent aujourd’hui au cœur d’une histoire planétaire. 

Dépourvus des charmes du packaging, jamais dit-il les emballages n’auraient pu proliférer à ce point ni envahir les hypermarchés avant de se répandre dans les eaux et dans les sols. Sans ce gigantesque déploiement de l’art de plaire, la grande submersion n’aurait peut-être pas eu lieu. Malheureusement, les emballages ont atterri dans nos maisons, ils ont envahi la planète, et pollué jusqu’à nos cerveaux !

Ils nous renvoient, écrit Philippe Garnier, à la vacuité de nos existences ridiculement peuplées par ces objets qui nous gouvernent. Cependant, même dans la catastrophe, poursuit l’auteur, « accordons leur un dernier regard ».  

Quels sont les emballages qui sont évoqués dans ce livre ? 

Et bien telle une madeleine, Philippe Garnier consacre un premier chapitre au tube de lait concentré sucré. Souvenez-vous de cet objet sur lequel la pression des doigts laissait très vite des empreintes sur le métal mou. Sculpté à mains nues, chaque étape de son façonnage le rapprochait de sa propre fin. Une œuvre éphémère qui progressait vers sa disparition. 

L’écrivain évoque aussi l’enterrement des sardines dans leurs petits cercueils en fer blanc, une tentative d’autohypnose devant un paquet de chips bio à l’ancienne ou encore l’ambivalence du préservatif.

Mais le plus savoureux concerne le Canard WC. Ce flacon de gel nettoyant incarnant à lui seul l’efficacité du marketing parvenu à introduire une part de jeu dans un objet qui en est à priori totalement dépourvu. Le réalisme incongru du bec et du cou recourbé permettant de provoquer du désir pour un produit sans charme.  

« Mélancolie du pot de yaourt. Méditation sur les emballages » publié chez Premier Parallèle vous l’avez compris m’a vraiment emballé et je reçois Philippe Garnier cet AM dans la Terre au Carré pour ne parler. 

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