Est-ce parce qu'il est -pour les pays de l'hémisphère nord- très très loin ? Inaccessible? Légendaire? Est-ce parce qu'il n'y a pas de femmes, d'hommes autochtones pour nous en parler?

Toujours est-il qu'imaginer que  l'Antarctique et l'océan du même nom peuvent  avoir un impact sur notre quotidien n'est pas la première chose à laquelle on pense le matin! Un impact sur la montée des océans et donc le grignotage des côtes, un impact sur le réchauffement ou le refroidissement de l'air, un impact sur le plancton, le déplacement des poissons et toute la chaîne alimentaire. Toutes ces composantes du changement climatique. Et la  nouvelle de ces derniers jours, c'est que la fonte de  l'Antarctique se poursuit inexorablement et semble même s'accélérer. Cette fois-ci l'équipe scientifique qui l'affirme est composée de 85 chercheurs issus de 17 pays.

Et sur quelles données se basent-ils?

L'équipe Imbie, exercice de comparaison de la masse des calottes glaciaires utilise des données fournies par les satellites de la NASA et de l'agence spatiale Européenne et des modèles, autrement dit des simulations.  En 25 ans, c'est à dire entre 1992 et 2017,  l'antarctique a perdu  3000 milliards de tonnes de glace, de quoi faire monter le niveau des océans de 8 mm. Quelques millimètres me direz-vous, ce n'est pas grand chose. Sauf que les chercheurs s'affolent de la tendance récente: ces 5 dernières années, la fonte a été 3 fois plus importante ! Pour l'un des chercheurs c'est une sonnette d'alarme supplémentaire pour agir afin de ralentir le réchauffement. La publication de cette étude dans Nature est importante . Par son ampleur, elle donne une vision globale et constitue une balise dans le temps. La vision est plus précise :  la partie Est de l'Antarctique  qui fait face à l'Australie a peu bougé.

Dans la partie Ouest en revanche, la fonte est patente. Quant à la péninsule antarctique, cette langue de terre qui débouche sur la Patagonie et Ushuaïa si vous voulez, c'est la plus sensible, celle où la situation s'aggrave le plus. Une autre étude vient compléter ce constat quantitatif , une photographie en 2070 selon  2 scénarios. Dans le premier, l'Accord de Paris est respecté. La mer monte de 6 cm, les inondations côtières sont contenues, ce qui permet d'économiser  50 milliards de dollars chaque année.  Dans le 2ème scénario, les pays ne sont pas parvenus  à maîtriser la hausse des températures.

Et l'effet domino est vertigineux. La fonte de la glace de mer se poursuit. Les eaux froides s'acidifient,  Les animaux marins à coquille calcaire sont rongés de l'extérieur. Sur les îles, les espèces invasives sont 10 fois plus nombreuses. La surpêche menace la ressource. Les scientifiques ne sont plus les seuls en antarctique ou sur les îles alentours. Plus d'un million de touristes s'y rendent chaque année comme s'il fallait constater sur place notre impuissance ou notre absence de volonté de faire quelque chose.

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