Ce matin dans l’édito carré la situation très délicate des personnes âgées pendant la crise du coronavirus.

Les personnes âgées et le confinement
Les personnes âgées et le confinement © Getty / Camille Tokerud Photography Inc.

Nicolas, ce matin je voudrais vous parler d’une amie très cher. Elle s’appelle Hélène et elle a fêté en décembre dernier ses 91 ans. 

Hélène était musicienne et elle vit depuis quelques années dans une maison de retraite en Loire Atlantique. 

Dans sa chambre il y a sa guitare qui l’a accompagnée toute sa vie, un grand carnet dans lequel elle aime dessiner des oiseaux colorés et un fauteuil où elle passe désormais une grande partie de la journée. Mais Hélène s’ennuie. Beaucoup. Privée d’échanges dignes de ce nom, elle dit parfois qu’elle est en prison. Je pense particulièrement à elle en ce moment. Elle, qui comme de très nombreuses personnes âgées, se retrouve privée de visites en raison des risques de contagion du coronavirus. 

Même si les personnes âgées sont les plus vulnérables face à l’épidémie, cette interdiction suscite beaucoup de détresse en enfermant un peu plus nos anciens dans la solitude. Et sur les réseaux sociaux les messages désespérés se multiplient.

Dans un contexte où la solitude et l’ennui sont parfois plus mortels qu’un virus il nous faut donc par tous les moyens manifester notre présence.

Et quels sont les conseils pour prendre soin des personnes âgées ? 

Les associations et les EPADH qui sont en alerte sur ce sujet demandent avant tout de maintenir les liens avec nos aînés. Ne plus pouvoir venir les voir c’est une chose, mais veillons à ne pas les laisser tomber pour autant. Téléphone, vidéo ou Internet tout est bon pour rester présent quand l’usage de ces outils est possible bien sûr. La question du courrier est plus délicate même si le risque de contaminer une personne via une lettre serait faible selon l’Organisation mondiale de la Santé. 

Le personnel des maisons de retraites qui on le sait est déjà sous pression joue malgré tout en ce moment un rôle décisif. Se regarder, se sourire et se parler même si on ne peut pas se toucher est essentiel rappelle la gérontologue Annie de Vivie. Ces gestes gratuits ne sont pas répertoriés dans les actes médicaux classiques mais les personnes âgées en déficit de liens en ont cruellement besoin pour ne pas s’enfermer dans la spirale infernale de la dépression. 

Le député Jérôme Guedj, co-animateur du think tank Matières grises affirmait dans le Point la semaine dernière que cette crise sanitaire ne fait que révéler la façon dont notre société considère et traite « ses vieux ». En France dit-il, faute de réflexion collective et de moyens, la plupart des EHPAD ne sont plus les « lieux de vie » qu’ils sont en théorie. 

Selon Jérôme Guedj, si tous ces établissements, avaient développé depuis longtemps des solidarités intergénérationnelles, des liens se seraient maintenus et cette période d’interdiction des visites serait vécue différemment. 

En attendant que la situation ne revienne à la normale permettez-moi Nicolas d’envoyer mille baisers tendres à Hélène ainsi qu’à toutes celles et ceux qui trouvent en ce moment le temps particulièrement long.  

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