En agriculture, les semences sont des graines choisies pour être semées. Ce sont les premiers maillons de la chaîne alimentaire.

Les semences, le premier maillon de la chaîne alimentaire
Les semences, le premier maillon de la chaîne alimentaire © Getty / Hero Images

Depuis le début de l’agriculture il y a près de 10 000 ans, nos lointains ancêtres ont appris à surveiller les cultures, en combinant les plantes et leurs gènes et en sélectionnant les meilleurs individus pour donner naissance à des milliers de variétés différentes. C’est cette diversité que l’on retrouve dans nos assiettes.

Mais si nous avons l’impression que cette ressource précieuse nous est acquise, il n’en est rien. La diversité des semences est en voie de diminution ou de disparition. Car selon la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, on estime aujourd’hui à 75% la perte de la biodiversité dans le monde des plantes cultivées. Quant à la diversité agricole qu’on connaissait il y a un siècle elle aurait disparu à 90% des champs des agriculteurs.

Qui en est le responsable  ?

En cause, la révolution industrielle qui a brisé la dynamique de diversification comme le rappelle l’avocate Blanche Magarinos-Rey spécialisée dans le droit de l’environnement. Le développement de l’agriculture intensive et la standardisation des productions agricoles s’est accompagnée de la promotion de variétés dites à haut rendement que l’on retrouve en particulier dans la grande distribution. A partir des années 60, l’administration française devenue très proche de l’industrie semencière a interdit toute mise sur le marché de variétés qui n’auraient pas fait l’objet d’une autorisation administrative préalable par le biais d’une inscription obligatoire sur le « catalogue officiel des variétés ». 

Non seulement nous avons perdu de la biodiversité et du patrimoine mais aussi le goût, le plaisir et la richesse de qualités nutritives issus de fruits et de légumes désormais interdits. C’est dans ce contexte de privatisation du vivant que des associations comme Kokopelli en France se battent pour revendiquer le droit de semer librement des variétés anciennes ou traditionnelles du Domaine Public. Il faut savoir que la culture de ces semences n’est pas réglementée mais que leur commercialisation est interdite. Le combat d’une avocate comme Blanche Magarinos-Rey est de multiplier les tentatives pour changer la réglementation afin que ces pratiques ne soient plus illégitimes en France ou encore à Bruxelles.   

Est-ce que les choses avancent?

En France, une proposition de loi émanant des députés propose de revoter certains articles de la loi Egalim qui ont été supprimés et qui permettaient pourtant à quiconque de vendre des semences anciennes aux particuliers. C’est une bonne nouvelle.

Autre bonne nouvelle : la commission européenne pourrait assouplir le commerce des semences disponibles pour l’agriculture biologique. Ce qui veut dire que nous pourrions voir réapparaître une diversité qu’on avait perdu depuis longtemps.  En tant que consommateur nous avons tous notre part de responsabilité puisque nous préférons souvent sur les étals, des produits parfaits, bien propres et tous identiques alors que nous devrions réclamer une vraie diversité dans les produits que nous consommons.

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