Ce matin Mathieu Vidard nous propose un remake de "Voyage au centre de la terre"… Oui mais l’action ne se passe pas en Islande, mais ici dans l’hexagone.

Et très précisément dans le canton de Rochechouart dans la haute Vienne où il y a 200 millions d’années s’écrasa, dans un immense fracas, un astéroïde d’un kilomètre et demi de diamètre.

Imaginez le bolide lancé à la vitesse de 20 kilomètres par seconde. Lorsqu’il arrive au lieu-dit de la Judie, qui se trouve dans la commune de Pressignac, il est alors totalement pulvérisé.

L’énergie dégagée par le choc est phénoménale et les dégâts sont colossaux. L’engin rase tout sur son passage sur plus de 100 kilomètres à la ronde et des roches sont éjectées à 400 kilomètres du point d’impact sur les contreforts du Massif central.

Heureusement à cette époque, nul Pressignacois ou Pressignacoises dans les parages. C’est le dinosaure du Limousin qui est le maître des lieux dans un climat tropical digne des plus beaux lagons de Bora Bora.

Ajoutons qu’à cette époque charnière du trias et du jurassique, l’environnement de la terre connait un fort engouement pour le feu d’artifice d’astéroïdes. C’est une véritable manie et les météores attirés par notre globe viennent s’y écrabouiller à la moindre occasion. Conséquence de cette fâcheuse tendance : une extinction massive de très grande ampleur qui décime 20 % des espèces marines et une part importante des grands vertébrés terrestres. En ces temps reculé ça ne rigole pas en matière de grand coup de balais biologique.

Et pourquoi vous intéressez-vous à ce qui s’est passé il y a 200 millions d’années Mathieu ?

Mathieu : et bien parce que le cratère d’impact laissé par l’astéroïde de Rochechouart sur une zone de 20 kilomètres de diamètre est unique en France et qu’il fait l’objet depuis la semaine dernière d’une campagne de forage exceptionnel, comme son grand frère Mexicain qui a rayé d’un trait de plume la présence des dinosaures il y a 65 millions d’années.

Même si l’érosion a tout lessivé sur son passage et que le quidam moyen serait bien en peine de remarquer une quelconque trace du passage du bolide, les roches du sous-sol avec les signatures chimiques laissées par l’astéroïde, sont un véritable trésor pour l’humanité. Une mémoire héritée de « l’astroblème », nom donné aux traces laissées par l’impact. D’ailleurs toujours dans la catégorie « expression céleste qui a de la gueule » on parle aussi de « cicatrice d’étoile ».

Bref, les scientifiques vont forer jusqu’à 150 mètres de profondeurs, dans ce gisement de connaissances enfouies comme les secrets de l’Atlantide afin de comprendre les conditions propices à l’émergence de la vie. C’est donc là dans ce laboratoire à ciel ouvert que les forages seront réalisés à l’aide d’une carotteuse. Car oui Nicolas, on ne le dira jamais assez, les secret de la vie se trouvent dans la carotte !

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