Ce matin dans l’édito carré, on parle d’un naturaliste qui est probablement l’un des hommes les plus détestés des chasseurs. Si son nom -Pierre Rigaux- ne vous dit sans doute pas grand-chose, ce biologiste est pourtant devenu la bête noire des chasseurs.

Pierre Rigaux montre que la chasse est un désastre qui dérégule les équilibres écologiques contrairement aux arguments avancés par les chasseurs.
Pierre Rigaux montre que la chasse est un désastre qui dérégule les équilibres écologiques contrairement aux arguments avancés par les chasseurs. © Getty

Il publie aux éditions Humenscience un ouvrage au vitriol contre les amoureux de la gâchette. Son titre « Pas de fusil dans la nature ». Le pitch est simple « Non, les chasseurs ne sont pas comme ils le proclament les « premiers écologistes de France » et « non la chasse ne protège pas la nature ». 

Son enquête menée sur le terrain dans toute la France est un plaidoyer pour l’abolition d’une pratique qui tue officiellement chaque année 22 millions d’animaux. Mais selon Pierre Rigaux, la réalité se situerait plutôt entre 25 et 30 millions. 

Et que ressort-il de cette enquête ? 

Au fil des pages, le scientifique pointe du doigt l’opacité qui entoure le lobby de la chasse qui est presque toujours soutenu par les principaux partis politiques de droite comme de gauche. Il affirme que derrière la façade écologique qu’essaye d’imposer la fédération des chasseurs, se cache une toute autre réalité. Et c’est d’abord le terme de « régulation » auquel Pierre Rigaux s’attaque. Un mot dit-il destiné à conférer aux chasseurs un rôle d’utilité publique dans l’imaginaire collectif. 

En réalité il n’y aurait pour l’immense majorité des espèces, aucun impératif écologique à vouloir « réguler la faune sauvage » en France. La moitié des animaux tués sont en effet des oiseaux sauvages issus d’espèces qui n’ont pas besoin d’être régulée. Et même pour le sanglier qui cause de vrais dégâts, Pierre Rigaux affirme qu’il existe des solutions pour limiter leur impact. Il rappelle au passage que ce sont les chasseurs eux-mêmes qui ont fait croître les effectifs de sangliers pour obtenir un gibier abondant.

Mais il y a une autre réalité que les communicants cynégétiques n’aiment pas évoquer : celle de l’existence d’élevages spécialement destinés à la chasse. Une captivité effroyable et totalement méconnue du grand public.

De quoi s’agit-il exactement ? 

Et bien d’animaux comme des faisans, des lapins, des lièvres ou des perdrix qui sont placés toute leur vie dans des cages grillagées et élevés dans des conditions de stress épouvantables pour être ensuite relâchés dans la nature. Les chasseurs ne se contentent donc pas de tuer les animaux qu’ils croisent sur leur chemin. Ils sont aussi à l’origine de cette pratique moyenâgeuse qui concerne des millions de bêtes utilisées comme chair à canon. 

Un animal sur 4 tué à la chasse, serait né en captivité. Cruel et grotesque. Et d’autant plus stupide que ces animaux d’élevage qui vivent dans la promiscuité, sont vecteurs de maladies qu’ils transmettent à la faune sauvage. 

Pierre Rigaux montre que la chasse est un désastre à l’origine de déséquilibres écologiques contrairement aux arguments avancés par ses défenseurs. 

Autant vous dire qu’il faut du courage pour s’attaquer à ce sujet et que ses propos lui ont valu plusieurs fois d’être menacé de mort.

Il viendra nous en parler cet après-midi dans la TERRE au Carré. 

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