La pollution lumineuse ennemie des astronomes mais aussi des bêtes... nocturnes en tous cas.

La pollution lumineuse ne cesse d'augmenter. Elle a encore progressé de 2, 2 % entre 2012 et 2016 à l'échelle mondiale. Par ailleurs, 99% de la population américaine et européenne vit dans un endroit où le ciel étoilé n'est plus visible. On a perdu le charme de la nuit...

Les villes ne sont pas les seules concernées. La campagne, la montagne sont, elles aussi, victimes d'un mitage lumineux!  Mitage, le mot est bien choisi puisque les insectes sont parmi les premières victimes de ce trop-plein de lumière. C'est le deuxième facteur de mortalité dans ce groupe . Or si la population d'insectes tombent, celle des oiseaux aussi puisque c'est leur casse-croûte principal.

Cette course à la lumière se double d'une substitution des ampoules sodium haute pression par les LED, censés consommer moins et coûter moins cher. Du coup, on en met partout...Or des premiers effets nocifs ont été mis en évidence par les chercheurs.  

Pour les animaux nocturnes, les effets délétères sont déjà là. 

Songez au hérisson, chauve-souris, chouettes, blaireaux, insectes, crapauds, lucioles, tortues de mer, oiseaux migrateurs.... pour eux,  les maux sont sans fin. Ils perdent le sens de l'orientation puisque la carte céleste est invisible; leur horloge biologique se désynchronise; les proies se font attraper plus facilement  et cela conduit à un déséquilibre des populations entre prédateurs et proie et puis, leur habitat se fragmente...

Face à ce noir constat,  y a t-il une solution pour épargner nos amis les bêtes ?

Oui! Les corridors noirs. Comme les corridors verts ou bleus , ce sont des corridors biologiques que la faune utilise pour ses déplacements lorsqu'elle doit manger, chasser ou se reproduire . L'homme avec l'aménagement du territoire passe son temps à interrrompre ces cheminements. Pour enjamber les autoroutes, on a mis en place des corridors verts, vous savez ces ponts réservés aux biches et autres garennes...

Pour préserver les déplacements des nocturnes et leur éviter  de passer sous le lampadaire, on peut créer des corridors noirs. Cela consiste le plus simplement du monde à éteindre la lumière pour rallumer la nuit. En région Rhône-Alpes, et dans le canton de Genève, des élus ont déjà commencé à agir notamment avec le soutien de la Frapna, la fédération Rhône alpes de protection de la nature. 

Pour ne pas condamner les routes, ponts et autres voies, certains pays testent par ailleurs des routes dont l'enrobé de surface est légèrement fluorescent . 

Il y a urgence. Si l'on en croit une étude récente,  réalisée par  une biologiste de l'université de Floride du Sud. La pollution lumineuse contribue à la propagation de maladie. Elle a montré que les moineaux infectés par le virus de la fièvre du Nil sont contagieux 2 jours. Quand ils sont exposés à un éclairage citadin, le temps de contagion double. En superposant les cartes, cette étudiante a découvert que les régions où il  a le plus de cas de fièvre du Nil sont celles où la pollution est la plus importante.  

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