Pour Ebola comme pour le coronavirus, les chauves-souris sont pointées du doigt : ces animaux seraient les réservoirs du virus, c’est à dire les organismes hôtes où le virus peut se multiplier en toute sérénité. Explications.

Chauve-souris
Chauve-souris © Getty / Arterra

Et pour commencer, je vous emmène pour une expédition scientifique dans la forêt Gabonaise. Nous sommes dans les Monts Belinga.

L’air y est chaud et humide et la végétation très dense. Et il faut faire vite pour arriver avant la tombée de la nuit, devant la cavité rocheuse où vivent les chauves-souris. C’est après plusieurs heures de marche que nous arrivons au pied de la grotte de Zadié. La lumière de la torche électrique fait briller les yeux de milliers de chiroptères agglutinés et suspendus la tête en bas et ceux des pythons en train d’attendre devant le garde-manger

Afin de ne pas être contaminé par l’urine des mammifères volants, nous enfilons des combinaisons blanches qui nous font ressembler à des cosmonautes perdus en pleine jungle. Tout cela dans une odeur piquante d’ammoniac que l’on doit au guano, ces déjections qui recouvrent le sol de la grotte sur plusieurs centimètres. 

Le but de cette expédition que j’ai eu la chance de vivre est de capturer des chauves-souris afin de rechercher les virus qu'elles hébergent. 

Pourquoi capturer des chauves-souris ? 

Parce que c’est dans cette région du Gabon qu’a eu lieu en 1996 une foudroyante épidémie de fièvre hémorragique dûe au virus Ebola, qui a tué une vingtaine de personnes.

Il a fallu près de dix ans pour qu’en 2005, des scientifiques français de l’IRD comprennent grâce à ces captures de chauve-souris que cet animal était le réservoir du virus, c’est à dire l'organisme hôte où le virus peut se multiplier en toute sérénité

A la question posée ces dernières semaines "d’où vient le nouveau coronavirus responsable de l’épidémie partie de la Chine ?", c’est la chauve-souris qui une nouvelle fois a été pointée du doigt.  

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L’étude du génome de ce virus, de son doux nom scientifique "Sars-CoV-2", a en effet montré une très forte similitude avec un coronavirus présent chez ce mammifère. 

Comment la chauve-souris peut-elle transmettre un virus à l’homme ? 

Il faut réunir deux conditions, comme l’explique Julien Cappelle qui est écologue au CIRAD. Il faut d’abord que le virus soit capable d’infecter les cellules humaines et qu’il entre ensuite en contact avec l’homme. Pour cela, un hôte intermédiaire est la plupart du temps nécessaire. 

Dans le cas d’Ebola, le virus se transmet à l’homme via les grands singes qui consomment les fruits souillés par les fluides corporels des chauves-souris et qui sont eux-mêmes consommés par des humains.

Concernant le coronavirus qui circule en ce moment, les contacts entre les individus doivent être longs, rapprochés et répétés. Et c’est le pangolin un animal qui fait l’objet d’un trafic international, qui serait suspecté d’être l’hôte intermédiaire avec l’homme. 

Le coronavirus qui vient de faire son entrée en Afrique avec un premier cas déclaré en Egypte. Et plusieurs pays africains, forts de leur expérience dans la gestion de l'épidémie Ebola, ont pris justement des mesures de prévention dans les aéroports afin d’éviter la propagation de la maladie.

Les chauves-souris et les virus on en parle cet après-midi dans la Terre au carré.

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