Intéressons-nous de plus près à la guerre, du moins au sentiment d'agression, chez les fourmis. Manipulations, meurtres, tromperies ou invasions territoriales, l'hostilité est extrêmement variée chez les fourmis.

Comment se traduit le spectre de l'agression chez les fourmis ?
Comment se traduit le spectre de l'agression chez les fourmis ? © Getty / Long Zhiyong

Contrairement aux apparences la vie chez ces animaux engendre de nombreux désaccords. Et si ces insectes sociaux ont pu proliférer et conquérir pratiquement toutes les zones de la planète, c’est au prix de luttes acharnées et de combats sans merci. 

C’est ce que raconte la myrmécologue (c’est le nom des spécialiste de cet animal) Cleo Bertelsmeier dans un ouvrage sanglant et captivant « Les guerres secrètes des fourmis ». 

Pourquoi les fourmis se font-elles la guerre ? 

En général pour défendre le territoire de la colonie ou ses ressources alimentaires. 

Les combats à mort sont tout à fait habituels chez ces animaux qui ont un sens de l’intérêt collectif particulièrement développé. 

Chez les ouvrières par exemple les scientifiques ont observé de véritables « guerres du trône » pour remplacer la reine lorsque cette dernière a du plomb dans l’aile et que de petites variations de substances chimiques indiquent que l’heure de la retraite a sonné pour la souveraine. Et pour prendre la succession les ouvrières emportées par l’agressivité se mettent alors à combattre entre elles en s’arrachant la tête ou le thorax à coup de mandibules. Expéditif ! Leur réputation n’est d’ailleurs plus à faire dans l’art de découper, scier ou démembrer une ennemie.

Certaines fourmis kamikazes peuvent aussi commettre des attentats suicides. L’espèce Colobopsis explodens porte bien son nom, puisqu’elle se fait exploser volontairement l’abdomen afin de libérer un liquide toxique qui tue rapidement tous les insectes entrant en contact avec elle. Un comportement de sacrifice qui laisse songeur.  

Les fourmis savent aussi enterrer la hache de guerre et faire preuve de diplomatie pour apaiser les affrontements

Certaines recourent à des offrandes pour partager leur nourriture avec leurs adversaires lorsque d’autres « embrassent » littéralement leurs ennemies. Un bisou humide qui a pour fonction de régurgiter une goutte de liquide sucré offert à une compétitrice pour la calmer.  

Mais, conclue Cléo Bertelsmeir, il faut garder à l’esprit que les « guerres » de fourmis les plus impressionnantes sont directement causées par l’Homme, lorsqu’ils transportent des espèces non indigènes à travers le monde en causant des invasions à grande échelle qui peuvent avoir des effets extrêmement néfastes sur les espèces natives où elles sont introduites. 

18 espèces exotiques sont même classées comme "invasives"  par l’UICN (l'Union internationale pour la conservation de la nature), en raison des dégâts qu’elles occasionnent sur la faune et la flore. 

Certaines s’introduisent dans le nid des oiseaux pour tuer leurs oisillons. Et même les mammifères ne sont pas épargnés. La fourmi électrique aussi petite soit-elle est capable de s’attaquer aux éléphants en leur piquant les yeux avec du venin. Une piqûre douloureuse capable d’aveugler les pachydermes. 

Si vous avez envie d’en savoir plus, Les guerres secrètes des fourmis est publié chez Favre et je reçois son autrice Cléo Bertelsmeir cet après-midi dans la Terre au Carré

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