Ce matin dans l'édito carré, vous nous dites "ne couvez pas vos enfants, ça les fragilise"

Qu'il est difficile d'être parent !

Je ne sais pas si vous êtes, avez été plutôt Laurence Pernoud, Emile Papiernik ou Thomas Brazelton... Peut-être que vos références en matière d'éducation parentale sont vos parents ou vos amis... Toujours est-il qu'une fois encore, une étude remet en cause certaines pratiques. On croit bien faire , on les martyrise à vie, on croit les soutenir, alors qu'on les assiste au point de les rendre moins adaptable. comment savoir si on fait bien ou mal ? Si notre attitude aura des répercussions plus tard ?

Cette étude dont l'auteur principale est Nicole Perry de l'université du Minnesota alerte sur un contrôle excessif maternel. Oui seulement maternel, dans cette recherche, les pères n'ont pas été pris en compte... On y reviendra plus tard. Contrôle excessif qui nuit à la capacité de l'enfant à contrôler ses émotions et ses impulsions. 

422 enfants ont participé à l'étude. Ils sont d'abord venus au laboratoire avec leur mère à 2 ans. Ils ont joué  4 minutes puis on leur a demandé de ranger pendant 2 minutes. Les séances étaient filmées afin d’observer l'attitude de la mère. Est-ce qu'elle aide l'enfant, l'assiste, devance ses gestes, lui donner des ordres, fait carrément à sa place. 

Ensuite à 5 ans, ce sont les réactions émotionnelles qui ont été mesurées chez ces mêmes enfants. La réaction quand l'enfant fait un jeu d'observation sous la pression.  Puis quand on distribue des bonbons de façon inéquitable. L’expérimentateur en a  plus et par ailleurs,  il mange ceux du gamin !

Dans le même temps, à 5 puis 10 ans, on a consulté les enseignants de ces enfants.

Et que disent les résultats de ces observations ?

Résultat de ces recherches : une moins grande capacité à gérer ses émotions et son comportement à 5 ans pour les enfants qui avaient subi un contrôle parental excessif .

Et à 5 comme à 10 ans, de moins bons résultats scolaires. 

A l'inverse,  plus l'enfant a appris à se contrôler, plus il est à l'aise en société, plus il a la capacité de se faire des amis et d'avoir une bonne image en classe. Et cela se joue avant 2 ans estime Nicole Perry. 

Une étude qui comporte des biais. Le rôle du père n'est pas pris en compte , les mères n'ont été vues qu une fois et on ne connaissait pas leur état psychologique habituel (euphorique , déprimées, relax...). Néanmoins elle vient confirmer ce qu'on savait déjà : l'absence d'autorégulation nuit au développement de l'enfant. Il faut le laisser se débrouiller seul, faire face à des situations de frustration pour qu'il teste des stratégies et apprennent à contrôler ses impulsions et ses émotions.  Couver ses enfants en somme, cela ne les aide pas . 

On peut aussi - souligne la chercheuse - montrer le  bon exemple. Autrement dit rester soi-même maître de ses affects. Une autre étude  affirmait récemment qu'une mère colérique ou contrôlant difficilement ses émotions avait plus de risque d'avoir un enfant avec des troubles du comportement. 

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