La semaine dernière la revue "Sciences" consacrait un article à ces scientifiques américains qui se sont mis à comptabiliser rigoureusement leur empreinte carbone.

Empreinte carbone
Empreinte carbone © Getty / RuslanDashinsky

Parmi eux le professeur Kim Cobb : en 2017 les transports aériens ont représenté 85% de ses émissions de dioxyde de carbone. Année où elle avait parcouru 200 000 kilomètres pour assister la plupart du temps à des conférences et des réunions scientifiques. 

Kim Cobb comme une petite minorité d’universitaires a décidé de réduire ses déplacements en avion pour lutter contre le changement climatique. Pour beaucoup de scientifiques, parmi lesquels de nombreux climatologues, il s’agit non seulement de baisser leur empreinte carbone mais aussi de donner l’exemple. Nombreux en effet sont ceux qui considèrent qu’il serait désastreux pour leur crédibilité de ne pas faire d’efforts conséquents. 

Et les chercheurs français ?

Oui et de nombreuses initiatives existent parfois depuis longtemps. Mais on peut citer très récemment la naissance du collectif Labos 1point5 dont le nom fait directement référence aux accords de Paris visant à limiter l’augmentation des températures à 1,5°C. Le mouvement a été créé par la chercheuse de l’Inra Tamara Ben Ari et l’astrophysicien du CNRS Olivier Berné

Actuellement, 800 chercheurs dans différentes disciplines ont rejoint leur collectif pour engager une réflexion très large sur l’empreinte environnementale afin d’avoir une cohérence globale sur la question. Cette réflexion concerne non seulement le carbone mais aussi l’électricité, la thermique des bâtiments, l’eau, les déchets ou l’alimentation

Cette prise de conscience est en train de faire boule de neige

La question de l’empreinte environnementale soulève aussi des réflexions très fondamentales sur l’intensité de l’activité de recherche, la quantité de réunions de travail mais aussi la place faite aux jeunes ou aux précaires. 

Des chercheurs confirmés qui parcourent la planète en avion et qui sont souvent invités pourraient par exemple fournir un effort plus important que les jeunes chercheurs qui doivent construire leur carrière et dont le recrutement peut dépendre de voyages qui leur permettent de nouer des collaborations internationales?

A l’heure où les scientifiques doivent de plus en plus se déplacer à l’étranger pour aller chercher des financements, pourquoi ne pas choisir d’organiser au maximum des réunions web plutôt que de sauter dans un avion. 

Mais d’autres questions plus complexes se posent aussi : faut-il par exemple comptabiliser dans les dépenses carbone les observations et les missions de terrain qui sont incontournables dans de nombreuses disciplines ? L’idée de réduire l’empreinte environnementale n’étant pas de baisser l’activité de recherche elle-même. 

En attendant, il y a beaucoup à faire à l’échelle d’un laboratoire ou d’une équipe et le collectif Labos 1.5 propose des clefs pour agir rapidement dans la pratique professionnelle. Il aimerait à moyen terme estimer précisément les efforts accomplis au niveau national pour les publier dans une revue scientifique. 

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