Alors que la vague de l’épidémie est passée et que le pays est entré dans sa phase de déconfinement, les Françaises et les Français veulent savoir s’ils ont attrapé le virus et si leur organisme a développé des anticorps.

Depuis la semaine dernière, c’est la ruée dans les laboratoires d’analyses médicales où l’on peut se faire dépister avec ou sans ordonnance

Rappelons d’abord qu’il existe deux types de tests : 

  • les tests virologiques (PCR) qui s’effectuent par prélèvement naso-pharyngé et qui permettent de savoir si le patient est porteur du virus au moment ou le test est effectué. 
  • les tests sérologiques qui indiquent, grâce à une prise de sang, si une personne a été en contact avec le virus et si elle a développé une réaction immunitaire en produisant des anticorps. 

Ces tests, qui sont toujours en cours d’évaluation, sont pourtant déjà proposés par les laboratoires

Les tests sont-ils fiables ?

Ces tests sérologiques, souvenons-nous, devaient être au cœur du déconfinement pour identifier les personnes ayant développé une immunité. Sauf qu’il y a des personnes qui ne répondent pas à ces tests et qui ne sont donc pas détectées. Leurs résultats peuvent être négatifs, elles n’ont pas développé d’anticorps et pourtant ça ne veut pas dire qu’elles n’ont pas contracté le virus. La proportion de faux négatifs pourrait atteindre 40%.

Autre problème : plusieurs publications ont montré que des personnes guéries pouvaient être testées positives une deuxième fois au coronavirus. Avoir des anticorps ne signifie donc pas non plus que l’on est immunisé

Et puis, l’offre sur le marché est si importante, que cela pose un autre problème de fiabilité en raison de la qualité très inégale de ces tests. 

En attendant d’y voir plus clair, avec une liste de tests sérologiques qui devrait être validée très rapidement et qui devrait permettre de sortir du flou pour, enfin, servir de référence, le site du Gouvernement indique que ces tests sérologiques ne sont pas recommandés pour le dépistage. La Haute Autorité de Santé se montre elle aussi prudente en précisant que : 

ces tests ne permettent pas de statuer sur une potentielle immunité protectrice. 

La Haute Autorité de Santé s’est aussi prononcée contre l’utilisation des autotests, ces tests sérologiques unitaires rapides que les patients peuvent réaliser seuls chez eux à partir d’une goutte de sang. « Sans accompagnement, le patient prend le risque de tirer des conclusions erronées » écrivaient les sages avant hier. 

Que faire en cas de test positif ? 

Contactez immédiatement votre médecin qui alertera l’Assurance Maladie. Une enquête sera réalisée pour connaître tous les cas-contacts dans votre entourage afin qu’ils se fassent tester à leur tour. L’objectif étant de casser au plus vite la chaîne de transmission du virus. 

Cet après-midi nous répondrons à toutes vos questions concernant ces tests dans l’émission, Le Virus au Carré sur France Inter

  • Légende du visuel principal: Test sérologique © AFP / David Himbert / Hans Lucas
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