Ce matin dans l’édito carré la publication d’un manifeste consacré aux migrations.

Eglise accueillant des migrants à Madrid, Espagne
Eglise accueillant des migrants à Madrid, Espagne © Getty / Mario Gutiérrez

Et c’est le Muséum National d’Histoire naturelle qui est à l’initiative de cet opuscule de 80 pages dont l’ambition est d’apporter un éclairage scientifique sur ce thème universel des migrations qui suscite beaucoup de fantasmes. 

Le Muséum a donc réunit une douzaine de scientifiques dans des disciplines allant de la génétique à la démographie en passant par l’archéologie, l’anthropologie et la sociologie pour faire le point sur les résultats de la recherche avec des faits et des chiffres vérifiables autour des formes très diverses de migrations. 

Un travail très utile lorsque les loupes médiatiques et politiques nous parlent à longueur de journée de la « crise migratoire » en cours. 

Et c’est l’occasion de se rappeler que s’il existe une propriété spécifique à tous les êtres vivants, c’est bien leur propension à se propager dans l’espace et dans le temps. La mobilité est même une condition au maintien de la vie sur terre. Et qu’il s’agisse des plantes, des animaux ou des hommes, la nature et les sociétés se sont construites sur un équilibre entre les déplacements et la stabilité. 

Et que nous apprend ce manifeste sur les migrations humaines ? 

Et bien d’abord que le phénomène est une constante dans notre histoire. 

Les femmes et les hommes bipèdes ont passé l’essentiel de leur temps à se déplacer. Nous sommes d’infatigables voyageurs. Et cela ne date pas d’hier. Il y a 1,8 millions d’années, les premiers représentants du genre homo ont quitté le berceau africain pour migrer vers l’Eurasie.

Ces déplacements qui n’ont plus cessé depuis, nous ont beaucoup enrichit biologiquement et culturellement. 

Car une population isolée sans apport migratoire est une société qui s’appauvrit génétiquement au fil des générations. A l’inverse, lorsque les populations se dispersent, se différencient et échangent leur patrimoine génétique avec l’arrivée de nouveaux arrivants ; l’évolution adaptative s’en trouve favorisée. 

La dispersion des graines chez les plantes ou des individus chez les animaux est un phénomène dynamique indispensable au maintien des populations. Particulièrement en cas de changement environnemental. Et ils ont été nombreux au cours de l’évolution. 

D’autres faits intéressants dans cet ouvrage ? 

Oui par exemple pour les phobiques des mouvements migratoires le manifeste précise que 97% des humains, vivent sur terre dans leur pays de naissance et que ce chiffre est étonnamment stable depuis plusieurs décennies

Il nous rappelle aussi que les termes hospitalité et hostilité ont la même origine sémantique précisant que l’hospitalité est une crête sinueuse où entrent parfois en collision la nécessite _d’ancrage des sociétés à des territoires pour construire des identités individuelles et collectives mais aussi la nécessite morale de responsa_bilité envers autrui fondée sur la conviction d’une humanité commune. 

L’éthique de l’hospitalité figurant dans l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme signé en 1948. Son 70e anniversaire sera célébré le 10 décembre prochain. 

En attendant le Manifeste du Muséum, sur les migrations sort jeudi dans les librairies et je vous le conseille chaudement. 

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