La France est toujours à la traîne pour le photovoltaïque, mais peut-être plus pour très longtemps. C'est mon confrère Bruno Cot dans "l’Express" qui explique que, partout dans le monde, l’énergie solaire est promise à un avenir radieux mais qu’elle peine encore à prendre son essor dans notre pays.

Parc photovoltaïque
Parc photovoltaïque © Getty / Westend61

Fin octobre, l’AIE, l’Agence Internationale de l’Energie, tablait sur une croissance mondiale stratosphérique du renouvelable : +50% d’ici 2024 avec une augmentation de 60% rien que pour le photovoltaïque. Le roi Soleil va donc vraiment régner en maître. Actuellement, c’est la Chine, les Etats-Unis et le Japon qui sont les plus gros producteurs d’énergie solaire. Mais en France la production représente moins de 2%, un chiffre vraiment ridicule. 

Comment explique-t-on cette situation ? 

Bruno Cot explique que la part du nucléaire dans notre pays (qui représente 77% de l’électricité produite) a été le premier obstacle au développement du photovoltaïque. Mais l’Etat français a également pendant des années multiplié les erreurs, selon Marc Jedliczka, le directeur de l’association Hespul, spécialisée dans les énergies renouvelables. Notamment avec une politique paradoxale de « soutien » sous la forme de rachat de cette électricité par les fournisseurs d’énergie qui a fait le yoyo dans les années 2000, alors que le coût du photovoltaïque ne cessait de baisser. 

L'autre responsable est Enedis, qui gère le réseau d'électricité en France et qui aurait longtemps fait preuve de mauvaise volonté pour raccorder les nouvelles installations. Résultat, selon un rapport de la Cour des comptes d'avril 2018, "faute d'une stratégie claire et de dispositifs de soutien stables et cohérents", l'industrie française n'a pas profité de l'essor des énergies renouvelables... 

Les choses sont-elles en train de changer ? 

Oui, puisque l’objectif pour la France est de porter la part de ces énergies de 22 à 32% de la consommation brute en 2030. Et concernant le photovoltaïque, les signaux sont au vert. Avec d’abord les installations individuelles qui se multiplient. L’autoconsommation devrait exploser raconte l’Express car le solaire est plébiscité par les foyers et correspond aux aspirations de la société. 

« Une énergie citoyenne et solidaire » pour André Joffre du syndicat des professionnels Enerplan. La production locale de sa propre électricité, permet par exemple de placer des panneaux sur les toits d'un immeuble pour l'ensemble de la copropriété.

Et puis enfin il existe d’immenses possibilités sur les toitures. Chaque toit pouvant potentiellement accueillir des cellules photovoltaïques. Selon l’Ademe, le gisement sur les toitures françaises représente 360000 hectares pour 350 Giga Watt. Si l’on ajoute les terrains libres au sol, les parkings, les bâtiments publics, ceux de l’armée, les toits des entrepôts et des supermarchés on pourrait atteindre 775 GW. Et même les friches représentent un énorme filon pour développer le photovoltaïque. Reste à produire des cellules à des coûts acceptables, la plupart des panneaux étant actuellement d’origine chinoise.

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