Walter Mishel est mort la semaine dernière à New-York à l’âge de 88 ans. Le psychologue était devenu une célébrité dans le monde entier grâce à une des expériences les plus connues en sciences sociales : le test du Marshmallow, une expérience visant à montrer l’importance de la maîtrise de soi.

Au début de sa carrière il fumait comme un pompier et lorsqu’il a commencé à enseigner la psychologie à Harvard dans les années 60 il grillait plus de trois paquets de cigarettes par jours malgré ses tentatives pour stopper son comportement compulsif. Ironie de l’histoire, c’est au même moment qu’il a mis au point son expérience visant à montrer l’importance de la maîtrise de soi. 

Le test du Marshmallow

Le test conduit en 1972 à l'université Stanford voulait évaluer la capacité des enfants à différer une récompense. La méthode on ne peut plus sadique, consistait à placer un enfant devant une table où se trouvait une guimauve très appétissante. L’enfant devait se retenir de manger la sucrerie s’il voulait en avoir une deuxième. Mais pour cela il fallait attendre un quart d’heure. Une éternité. Un tiers des 500 enfants ayant participé au test a quand même résisté à la tentation. 

L’équipe de Walter Mischel a ensuite suivi ces petits cobayes sur trois décennies pour aboutir à la conclusion que la patience et le contrôle de soi étaient des gages de réussite sociale et professionnelle. Les enfants ayant exercé leur self-control se débrouillaient mieux dans la vie, avaient de meilleurs résultats scolaires, des revenus supérieurs et une meilleure santé. Rien que ça ! 

Et tout le monde a pris ce test pour argent comptant. La vision simpliste avait triomphé au point qu’aux Etats-Unis les parents flippaient à l’idée que leur progéniture rate le test du Marshmallow. Mais tout cela n’était qu’un grave malentendu selon Walter Mischel. 

Des résultats mal interprétés

L’idée pour Walter Mischel était avant tout d’observer quelles stratégies les enfants mettaient en place pour résister à l’appel de la guimauve. Et de voir à partir de quel âge ils en étaient capables

En juin dernier une publication donnait le coup de grâce à l’expérience avec des chercheurs qui ont voulu reproduire le test avec un groupe plus large et plus représentatif de la société américaine. Patatras : les résultats obtenus ne trouvaient pas de corrélation entre la maîtrise de soi à un âge précoce et la réussite sociale une fois devenus adultes. 

Et ça c’est une bonne nouvelle parce que c’est la preuve qu’un test qui dure 10 minutes ne peut pas prédire votre réussite dans la vie. Vous pouvez-vous donc vous jeter sur le premier paquet de Marshmallow venu, sans que votre vie soit foutue pour autant ! 

Pour information Walter Mischel a quand même réussi à s’arrêter de fumer. Paix à son âme.

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Le test du Marshmallow © Getty / Keith Beaty/Toronto Star
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