Repas de Noël aujourd’hui dans l’édito carré avec de la coquille Saint Jacques au menu !

Oui et ces 20 000 tonnes consommées chaque année en France et particulièrement en ce moment ! Mais ne  salivez pas trop vite car c’est la science qui vient vous parler Monsieur Demorand ! 

Pecten maximus, nom latin de ce mollusque bivalve de la famille des Pectinidés. Et derrière cette coquille se cache un animal stupéfiant à bien des égards. 

Yves Marie Paulet Professeur de biologie marine à l’Université de Brest et auteur d’une thèse sur le « Déterminisme du recrutement de la coquille Saint Jacques » est intarissable. 

Il raconte par exemple que Pecten Maximus est un des très rares animaux à donner son âge dès que vous l’avez dans la main. D’un simple coup d’œil, vous pouvez en effet compter les stries de la coquille en partant du point le plus haut vers les bords. Chaque anneau correspond à une année de vie. Et cet indicateur est un cadeau pour la gestion de la pêche. 

Combien de temps peut vivre une coquille Saint Jacques ?

(je savais que cette question vous passionnait Nicolas) Apparemment jusqu’à 20 ans ! Mais il y a beaucoup mieux !

Car en 1995 on découvre que la Saint Jacques produit aussi chaque jour sur sa coquille des stries microscopiques. Et chacune de ces micro-anneaux livre non seulement l’histoire quotidienne de sa croissance mais aussi celle de son environnement marin. 

La coquille est donc à la fois une mémoire des océans mais aussi une machine à remonter le temps avec son enveloppe qui grave chaque jour des informations.

Et quels types d’informations justement ? 

Et bien des données très précieuses pour les scientifiques comme la température de l’eau, les marées, la présence de polluants ou d’algues toxiques. La coquille Saint Jacques a révolutionné les données climatiques. 

Et ce qui est encore plus dingue c’est que les archéologues en  rapportant aux biologistes de vieilles coquilles parfois millénaires, peuvent obtenir des informations sur le passé.

On peut par exemple déterminer quel était le régime des vents en Scandinavie il y a 6000 ans ou la température de l’eau au XVème siècle dans le Finistère lorsque les moines allaient la pêcher. La coquille Saint Jacques est donc une incroyable archive marine qui permet de retracer l’histoire d’un écosystème sur plusieurs saisons et avec une précision quotidienne. 

D’autres découvertes sur la coquille Saint Jacques ?

Oui une dernière.  Avec notre fruit de mer qui est aussi doté d’un système visuel télescopique qui comprend jusqu’à deux cents yeux ! Ils sont là millimétriques situés en bordure de sa coquille. 200 yeux qui vous regarde et qui sont constitués de miroirs concaves en trois dimensions. Ajoutez une rétine à deux couches qui permet d’obtenir un champ visuel à 250 degrés et notre mollusque pourrait bien inspirer des ingénieurs pour la création de systèmes d’optique.

Voilà Nicolas, nous allons désormais poser un autre regard sur cette bête de science qui fait non seulement le bonheur de votre palais mais aussi celui des chercheurs ! Et joyeux Noel ! 

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