Avec le réchauffement climatique, l'enneigement diminue inexorablement en hiver. Pour les animaux qui changent de couleur pour passer inaperçus de leur prédateurs, la situation n'est pas anodine.

Le lièvre et le renard arctique, la perdrix des neiges, le lagopède alpin ont un point commun. Ils ont 2 garde-robes : Brune -grise  l'été, et blanche l'hiver. Dans l'hémisphère Nord, au moins 21 espèces démarrent l'année avec un pelage blanc et en changent à l'arrivée du printemps quand la neige disparaît. C'est une adaptation à leur environnement qui les dote d'une technique de camouflage très efficace vis à vis de leur prédateur.  Sauf que la neige, elle tombe de moins en moins.... Avec une hausse moyenne de la température du globe comprise entre 1 et 4 ° d'ici 2100, les experts du climat  prévoient une baisse drastique partout dans le monde. 

Que va t-il se passer pour les animaux blancs ?  Leur survie est-elle en jeu ? C'est la question  que s'est posée l'équipe de Scott Mills de l'université du Montana qui depuis 10 ans travaille sur la couleur du pelage.  Les résultats sont publiés dans Science. 

S'adapter pour survivre

Déjà, de précédents travaux sur des lièvres leur avait appris que le passage à la couleur blanche arrivait à date fixe, à l'automne et dépend de la durée de lumière quotidienne. Sur un suivi de 3 ans, il est apparu qu'il  faut 40 jours pour passer du brun au blanc. Les années de fortes neiges, il faut  16 jours de plus pour passer du blanc au brun au printemps.   Autrement dit, la durée du pelage blanc est calquée sur les conditions climatiques. 

L'évolution a bien fait les choses

Il y a pourtant quelques exceptions. Des intrus... des lapins qui ne changent pas de couleur avec la saison.  Ils tranchent dans le décor évidemment. Bruns sur fond blanc ou blancs sur fond brun....Leur chance de survie diminue car ce sont des proies bien visibles, d'autant plus visibles qu'ils n'ont pas conscience de leur différence et qu'ils ne se cachent pas. On dirait qu'ils sont éclairés au projecteur !   

L'équipe de Scott Mills a établit la carte mondiale de la présence de ces intrus.. cette population de sang mêlé...  et  selon elle, c'est dans les zones de polymorphisme qu'est le salut des lapins!  Dans les zones côtières et méridionales, l'évolution pourrait donner un avantage aux lièvres les mieux adaptés à l'évolution du climat . En clair, ils perdraient leur jolie couleur blanche adaptée à la neige mais survivraient!   Pour Scott Mills, ardent défenseur de la lutte contre le réchauffement climatique, avoir identifié ces zones mixtes doit aider à la conservation de ces animaux sauvages. Permettre de réserver de grands territoires à ces espèces pour qu'il reste suffisamment d'individus et que les populations soient interconnectées.

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renard polaire © Getty / Justin Lo
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