Ce matin dans l’édito carré, vous nous parlez de ce rendez-vous tant attendu par les japonais.

Fête d'Hanami à Naka Meguro, Tokyo
Fête d'Hanami à Naka Meguro, Tokyo © Getty / Matteo Colombo

Comme vous le savez Nicolas, Ô grand Samourai de l’information auquel rien n’échappe, dans un mois nous serons sortis de cet interminable tunnel hivernal pour profiter enfin des délices du printemps. 

Si cette perspective nous met du baume au cœur, ça n’est rien comparé aux Japonais qui se trouvent déjà dans un état d’excitation extrême à l’idée d’assister à la floraison de leurs vénérables cerisiers. 

Comme le précise Franck Sadrin, spécialiste du Sakura, le nom donné au cerisier à fleurs, ces arbres sont sacrés en raison de leur floraison éphémère qui ne dure que une à deux semaines. La fête de « Hanami » qui consiste à regarder les fleurs est une coutume traditionnelle ancestrale qui aurait commencé durant la période Nara au 8ème siècle. Cette célébration est restée depuis un événement national repris par toutes les couches de la société. 

Ces derniers jours l’archipel nippone n’avait qu’une seule question à l’esprit : « quel sera le jour exact de l’éclosion ? »

Pour y répondre, toute la communauté scientifique se mobilise car l’affaire est en effet de la plus haute importance.

Et quel est l’apport de la science à cet événement? 

Et bien ce sont d’abord les prévisionnistes de la météo qui sont en première ligne pour donner aux japonais le jour précis d’ouverture des premiers bourgeons. Et gare aux inexactitudes. Ceux qui en ont commis dans le passé ont été obligés de venir présenter leurs excuses en direct à la télévision. Plutôt se faire hara-kiri que de perdre la face en donnant des informations erronées sur le "cherry blossom". 

C’est donc en étudiant les températures de l’année écoulée et en faisant appel à des algorithmes et à la modélisation mathématique que les dates de floraison peuvent être annoncées en frôlant quasiment la précision d’une horloge atomique. 

Et puis ce sont des milliers d’internautes nippons qui dans toutes les régions du pays, traquent les premiers signes annonciateurs. 

Ils envoient leurs photos à des organismes spécialisés, à peine le premier bourgeon sorti. 

A partir du mois de mars, les arbres entrent en pleine floraison et c’est toute la nation qui se met à suivre la progression du front des cerisiers. 

Les pétales délicatement tombés sur le sol prennent l’apparence d’une « tempête de neige » blanche ou rosée.

Et les dates sont connues pour cette année? 

Absolument puisqu’elles viennent d’être dévoilées. On sait par exemple que les cerisiers de Tokyo seront en fleur le 23 mars, ceux de Nagano le 8 avril et ceux d’Hokkaido au Nord le 4 mai. 

Mais pas besoin d’aller si loin Nicolas pour profiter de ces arbres mythiques.

Franck Sadrin a planté à La Balme de Sillingy près d’Annecy, 450 cerisiers du Japon, ce qui en fait l’unique collection nationale en France. 

Selon ses informations, le pic de floraison aura lieu cette année le 10 avril prochain. 

Et consécration suprême pour lui, les japonais viennent désormais en Haute Savoie pour célébrer le printemps sous les cerisiers tricolores. Arigato Gozaimaisu

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