Ce matin dans votre édito carré vous nous révélez les secrets de la punaise d’eau : un insecte capable de ramer et de patiner sur l’eau, ce n’est vraiment pas banal !

Son adaptation à la vie aquatique est si spectaculaire qu’un de ses représentants vient d’avoir les honneurs de la prestigieuse revue Science. 

Bienvenue dans la grande famille des hétéroptères aquatiques et ripicoles. Oui bon je fais le malin… il s’agit simplement des punaises qui ont choisi de quitter la terre ferme pour vivre dans l’eau, sur l’eau ou au bord de l’eau. 

Ces punaises aquatiques qui représentent 10% des espèces connues, ont exploité tous les milieux qui s’offraient à elles.  

Mais la grande majorité sont dulçaquicoles … cela signifie qu’elles fréquentent les eaux douces Nicolas.

Mais certaines d’entre elles ont le pied marin et ont choisi de partir vivre en pleine mer à des centaines de kilomètres des côtes.

Mais pourquoi ces insectes ont-ils choisi la vie sur l’eau ? 

Et bien sans doute parce que peu d’organismes sont capables de conquérir un tel habitat et de s’y installer durablement. Cet environnement atypique représente donc une niche écologique avec des opportunités énormes en terme de ressources. 

Les punaises peuvent tout faire sur l’eau : se déplacer, trouver de la nourriture et même s’accoupler. Chapeau l’artiste ! 

Chez cet insecte, la maîtrise est total, le geste sûr et la vélocité sidérante.  Car non seulement les punaises évoluent sur l’eau mais elles aussi sont capables de mettre le turbo pour mener à bien leurs petites affaires.

Mais comment font ces insectes pour vivre sur l’eau dans ces conditions ? 

Ils doivent d’abord répondre à deux problèmes majeurs : maintenir le poids de leur corps sans se noyer et générer du mouvement et de la vitesse sur un fluide. 

Pour la flottaison c’est facile : ces punaises qui ont du poil aux pattes, emprisonnent des bulles d’air qui leur servent de bouées. 

Et pour le mouvement, leurs six pattes font office de rames, de stabilisateurs et de gouvernails.  

Mais chez la Rhagovelia, une espèce tropicale, la difficulté augmente sensiblement puisque cette patineuse a choisi d’aller coloniser des ruisseaux avec des courants forts. 

C’est pour cette punaise de compétition que l’équipe d’Abderaman Khila à Lyon s’est prise de passion.

En observant la Rhagovelia de très près, les scientifiques ont découvert que ses pattes étaient dotées d’un éventail lui permettant non seulement de se maintenir sur les eaux tourmentées mais aussi de générer de l’énergie et de la vitesse pour remonter à contre-courant sur cet habitat très instable. 

Lorsque la patte de Rhagovelia pousse sur la surface de l’eau, l’éventail se déploie et augmente sa stabilité, ce qui lui permet de maintenir une activité tout au long de la journée sans s’épuiser pour autant. Un jeu d’enfant ! 

Et cerise sur le gâteau, les scientifiques lyonnais ont aussi identifié les deux gènes à l’origine de cet éventail unique en son genre. C’est cette découverte qui vient d’être publiée dans Science.

Comme quoi on peut être une vraie punaise et avoir les honneurs d’une grande revue scientifique! 

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