Ce matin dans l’édito carré la découverte d’un nouveau système de défense.

Dans votre nez se joue un combat digne des plus grands péplums
Dans votre nez se joue un combat digne des plus grands péplums © Getty / Iliana Mestari

Caché là discrètement depuis la nuit des temps mais toujours à notre service, notre nez est un soldat fidèle n’hésitant pas à sortir les armes en cas d’intrusion nasale intempestive. 

Et c’est une équipe de chercheurs de l’hôpital universitaire du Massachussetts qui vient de mettre la main sur ce bouclier aux avant-postes de notre pif. 

Notre cavité nasale est une frontière cruciale puisque c’est l’un des tout premiers sites de contact entre l'environnement extérieur et l'intérieur de notre corps. Et à chaque inspiration, nous prenons de l’air qui contient potentiellement des bactéries pathogènes. 

En conséquence, notre nez est une sorte d’usine d’assainissement qui élabore une large gamme de mécanismes de protection contre l’exposition constante aux micro-organismes extérieurs. 

Jusqu’ici les scientifiques connaissaient bien l'action combinée du mucus et des cils de la muqueuse respiratoire qui bosse 24/24h pour assurer une protection contre les microbes décidés à nous faire la peau ! 

Et là qu’est ce qui a été découvert ? 

Et bien probablement le premier exemple de défense de notre système immunitaire face aux microbes en dehors de notre corps. Et l’on doit cette action aux exosomes, des petits sacs qui se trouvent au sein de la cellule. 

Longtemps considérés comme de vulgaires sous-produits de la machinerie cellulaire, ces exosomes intéressent beaucoup les chercheurs depuis qu’ils ont découvert qu’ils sont sécrétés dans presque tous les fluides corporels comme la salive, le sang, la sueur ou le mucus nasal

Lorsque dans notre nez, les cellules sentent venir le danger, elles libèrent dans le mucus des milliards de ces petits sacs remplis d’armes destructrices. De véritables cargaisons de munitions libérées sous forme d’enzymes bactéricides histoire de dézinguer sans ménagement tous les intrus façon scénario à la Quentin Tarantino. 

Les exosomes laissent peu de chance à la bactérie ennemie en lui perforant sans pitié la membrane. Cette opération est enclenchée en moins de cinq minutes. 

Pendant ce temps là sur le terrain des combats, d’autres exosomes sont chargés d’alerter les cellules situées à l’arrière du nez de l’arrivée des envahisseurs afin qu’elles puissent aussi préparer la défense. 

Ce poste de garde a l’air redoutablement efficace ! 

Oui puisque cette défense active serait aussi puissante qu’un antibiotique entraînant de nombreux morts sur le champ de bataille. Les cadavres qui jonchent la fosse nasale sont ensuite pris en charge par le mucus vainqueur qui les envoie manu militari vers l’estomac et l’intestin pour la désintégration finale! Franchir le nez est donc une opération qui peut s’avérer très risquée pour les microbes un peu trop curieux. 

Cette découverte nous rappelle que nous possédons un microbiote spécifique au nez et qu’il faut en prendre soin pour que nos voies respiratoires boutent les envahisseurs hors de nos narines. 

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