Ce matin dans l’édito carré, l’immunité face au nouveau coronavirus.

Force est de constater que face au Covid-19 et à son virus le Sars-Cov-2, les chercheurs se trouvent confrontés à de nombreuses inconnues pour comprendre les mécanismes exacts de ce nouvel agent pathogène. Et l’une des grandes questions concerne l’immunité. En effet tous les malades ne se ressemblent pas. La réponse immunitaire est très variable entre les personnes : certaines sont dans un état grave, lorsque d’autres ne présentent aucun symptômes ou développent une forme sans gravité. Ces différentes formes de la maladie traduisent des réponses immunitaires très différentes. 

Et que sait-on aujourd’hui ? 

Il faut d’abord rappeler que dans la plupart des cas, l’organisme lorsqu’il est confronté à un virus ou à une bactérie, fabrique des armes qui sont chargées de neutraliser l’agent infectieux. Il dispose pour cela de deux lignes de défenses : la première est une réponse innée : face à l’intrus, les cellules sonnent l’alerte sans prendre en compte la maladie qu’elles combattent. 

Vient ensuite la deuxième étape avec la réponse acquise des lymphocytes qui fabriquent des anticorps spécifiques pour détruire le virus ennemi. 

Chez la plupart des personnes, il suffit de quelques jours pour que les cellules maîtrisent l’infection alors que pour d’autres au contraire, on assiste à une sorte d’emballement avec une réaction hyper-inflammatoire de l’organisme. Dans certaines formes graves des symptômes du Covid-19, le système immunitaire est sur-investi et l’on parle alors « d’orage cytokinique » pour qualifier cette réaction excessive. Lors de cet orage, les molécules de cytokine sont sécrétées en trop grande quantité et dans ce cas, les poumons ne fournissent plus assez d’oxygène aux organes vitaux. 

Et c’est là Nicolas que les questions surgissent.

Lesquelles par exemple ? 

Et bien pourquoi trouve-t-on cette inégalité chez les personnes dans la réponse immunitaire ? Et quels sont les anticorps les plus efficaces pour neutraliser le virus ? En obtenant des réponses à ces questions les chercheurs pourront utiliser les anticorps les plus neutralisants, pour en produire et éventuellement pour mettre au point un vaccin ou un médicament. 

Mais ce qui déroute beaucoup aujourd’hui avec le nouveau coronavirus c’est que des personnes guéries ne sont pas toujours pour autant protégées contre le virus. La Corée du Sud a fait état de nombreux cas de réinfection au Covid-19 après une première guérison. 

Le fait d’avoir des anticorps ne serait donc pas forcément un élément absolu de protection sur la durée. 

Dans un monde idéal, l’immunité contre le Sars-Cov-2 ressemblerait à celle acquise par les enfants qui ont la varicelle et que l’on attrape qu’une fois dans sa vie. Mais les premières études sur le nouveau coronavirus suggèrent que nous nous trouvons dans scénario beaucoup plus complexe. Autant dire que l’objectif de l’immunité collective est loin d’être atteint si 60 à 70% de la population doit être immunisée pour mettre fin à l’épidémie. 

Hier on apprenait que seule 5,7% de la population française avait pour le moment été infectée. 

L’immunité sera au cœur de notre virus au carré cet AM

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