On part explorer les abysses… Là où il n’y a plus de lumière qui passe, au-delà de 200 m de profondeur. Mais nous descendons beeeeaucoup plus bas, dans les entrailles de l’océan : la fosse des Mariannes, endroit le plus profond de la planète, à près de 11 000 mètres dans le Pacifique…

Au coeur des abysses, là où il n'y a plus de lumière
Au coeur des abysses, là où il n'y a plus de lumière © Getty / umberto Ramirez

11km de plongée qui fascinent les scientifiques depuis la découverte en 1875 de cette tranchée en forme de croissant dans la croûte terrestre

Mais ce n’est qu’en janvier 1960 qu’on arrive enfin à la toucher, grâce à l’invention d’Auguste Piccard, le savant suisse qui a inspiré, vous savez, le professeur Tournesol : un batyscaphe, le Trieste, engin sous-marin ayant atteint 10 916 mètres sous l’océan. La course aux profondeurs est lancée, et elle vient de connaitre un nouvel épisode, avec une mission qualifiée d’"historique" par la Chine.

Le "Fendouzhe", (combattant en mandarin), petit submersible vert et blanc avec 1 femme et 2 hommes à son bord, a passé les 10 000 mètres lui aussi il y a 1 mois pile

Sans atteindre cela dit le "challenger deep", le point le plus profond connu de la fosse à 10 928 mètres, record établi par un richissime explorateur américain l’an dernier… Mais il a pu diffuser en direct une vidéo de ces mystérieux abysses, qu’on imagine volontiers effrayants et hostiles.

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Avec le noir complet, bien sûr, avec des nuages de sédiments qui se soulèvent au moment où Fendouzhe se pose au fond. Le réalisateur James Cameron d’ailleurs qui est allé lui aussi dans la Fosse des Mariannes en 2012 avait parlé d’un environnement "désolé et extraterrestre". 

Mais, pas désertique ! 

On y a déjà repéré quelques échinodermes – la famille des étoiles de mers et des oursins - quelques poissons, tout petits, et aucune plante, puisqu’aucune lumière. C’est justement pour étudier les espèces et la répartition des êtres vivants dans ces fonds marins que ces missions ont lieu… Le petit combattant vert et blanc a même récupéré des échantillons avec ses bras robotisés, qui peuvent résister aux 1 150 kg de pression par centimètre carré… 

Une autre mission avait trouvé des traces de plastique (oui, même là), tandis que l’expédition de 1960 avait permis de prouver, elle, que se débarrasser des déchets radioactifs dans le plancher océanique n’était pas une bonne idée car même si loin dans les abysses il existe des courants, un brassage naturel de l’eau qui disperserait ces déchets.

Cette course à l’exploration de l’océan profond a donc un vrai intérêt écologique.

D’ailleurs de plus en plus d’observatoires sont installés au fond du Pacifique ou de l’Atlantique pour ne pas quitter des yeux ces milieux, ni leur richesse, car en plus des écosystèmes, ils contiennent des matériaux précieux. L’exploration minière des eaux profondes pourrait être la prochaine conquête, et le chinois Fendouzhe lui aussi l’a bien compris. 

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